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Lacunes montrées du doigt dans un CHSLD

Gestionnaires et employés se lancent la balle à Joliette

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Des travailleurs du CHSLD Saint-Eusèbe à Joliette dénoncent des lacunes dans la gestion d’une grave éclosion, qui a infecté 80 résidents, 55 employés et fait au moins sept morts, même si la direction assure qu’elle était bien préparée.

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« Notre équipe a fait un bon travail », a plaidé hier en point de presse le PDG du Centre intégré de santé et services sociaux (CISSS) de Lanaudière, Daniel Castonguay, malgré le constat accablant.  

« Ce n’était pas une éclosion dans une unité [...] c’est une éclosion qui a touché l’ensemble de l’établissement », a-t-il indiqué. 

  • Écoutez le journaliste Alexandre Dubé avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:

Après la découverte du premier cas d’infection à la fin octobre, la COVID-19 s’est répandue comme une trainée de poudre dans l’établissement de Lanaudière et M. Castonguay montre du doigt les employés. 

Écoutez la chronique de Caroline St-Hilaire à l’émission de Pierre Nantel sur QUB radio: 

« Une chose est sûre, [les employés] se sont contaminés entre eux dans les salles de repos », a-t-il dit, ajoutant qu’ils retournaient ensuite sur différentes unités de soins. 

Mais sur place, des employés ont un autre son de cloche. 

Une préposée aux bénéficiaires, qui a contracté la COVID-19, explique que des résidents infectés partageaient leur chambre avec d’autres, en attente d’un résultat, et les fenêtres fermées. 

Celle-ci, qui tait son identité par crainte de représailles, indique que les employés partageaient aussi tous le même vestiaire, par exemple. 

« Il fallait un meilleur plan, surtout en 2e vague », fait-elle valoir découragée.  

  • Écoutez l'entrevue de Richard Martineau avec Me Paul Brunet, président du Conseil pour la protection des malades, sur QUB radio:    

Hier, le CISSS a assuré qu’il y a désormais trois vestiaires séparés, vert, jaune et rouge, mais n’était pas en mesure de dire depuis quand. 

« Ça a été long avant que la machine parte », déplore à son tour Stéphane Cormier, président du syndicat interprofessionnel de la santé (FIQ) de Lanaudière.  

Le CISSS de Lanaudière confirme aussi qu’une employée infectée a aussi été rappelée au travail après seulement sept jours d’isolement et non 10 jours comme le recommande la province. Elle aurait été seulement en contact avec des résidents infectés lors de ce retour hâtif. 

Il vante l’arrivée d’une dizaine de gestionnaires, du matin au soir, pour gérer l’éclosion, le syndicat soutient qu’ils ne sont en poste que depuis quelques jours. 

Une autre employée estime que le gestionnaire aurait mis du temps avant de réduire des contacts entre les travailleurs.

« Il a fallu attendre que la PCI (prévention et de contrôle des infections) arrive ici pour que justement, ils fassent séparer toutes les zones de couleur parce que sans la PCI, on était tous encore ensemble », raconte-t-elle. 

Le syndicat soutient qu’il faut blâmer les gestionnaires et non les employés.  

« On met tout ça sur le dos des salariés, mais ce sont les gestionnaires qui doivent gérer le nombre maximum de personnes par salle avec la distanciation », affirme M. Cormier. 

– Avec l’Agence QMI


Préoccupée, la ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, a indiqué lundi par écrit que « les personnes responsables devront fournir des explications ».

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