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Le CHSLD Herron met fin à ses activités

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Le tristement célèbre CHSLD Herron de Dorval, où des dizaines de résidents sont décédés de la COVID-19 au printemps dernier, a fermé ses portes

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Le Groupe Katasa, qui exploitait ce CHSLD privé pointé du doigt pour ses nombreuses lacunes, a décidé de fermer son centre de soins, a confirmé le CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal dans un communiqué.

Les résidents du CHSLD Herron seront déménagés dans d'autres établissements sur le territoire du CIUSSS. Le déménagement se fera de manière progressive au cours des 6 à 12 prochains mois.

Le CHSLD Herron était devenu un symbole de la gravité de la pandémie, au printemps dernier. Un rapport d'enquête dévastateur produit pour le compte du ministère de la Santé publié en septembre indiquait que 38 résidents y avaient perdu la vie entre le 26 mars et le 16 avril 2020, tandis que le personnel avait fui les lieux lors de l'annonce des premiers cas de COVID-19.

Dès le début de la pandémie, le CHSLD n'opérait qu'avec 50% du personnel nécessaire. 

Lors d'un quart de travail de soir à la fin mars, on ne trouvait plus que trois employés sur places pour prendre soin de 133 résidents, avait souligné l'enquêteur Sylvain Gagnon. 

Celui-ci avait notamment recommandé que des mécanismes soient instaurés pour assurer plus d'imputabilité aux gestionnaires de CHSLD privés et que Québec oeuvre pour mettre fin au recours aux agences de personnel dans les établissements de santé, pour favoriser l'instauration d'équipes permanentes.

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Interrogé sur cette fermeture en conférence de presse, le ministre de la Santé, Christian Dubé, a jugé qu'il était important de «terminer cette histoire-là avec Herron».

«Ce qui était notre décision la plus difficile, ce n'était pas tellement de fermer – à mon sens, c'était la seule décision à prendre –, mais c'était de s'assurer que nous allons avoir une transition correcte pour ceux qui restent là», a poursuivi M. Dubé.

Ce dernier a précisé que la décision de fermer le CHSLD n'a pas été prise par Québec. Par contre, le gouvernement a sciemment décidé de ne pas racheter Herron pour faire passer le centre dans le giron public «pour un ensemble de raison».

«Ça ne change absolument rien à notre volonté de travailler avec les CHSLD privés et d'en conventionner d'autres, c’est-à-dire de les faire passer à un environnement public», a-t-il assuré.

De son côté, Québec solidaire a appelé la CAQ à accélérer la nationalisation des CHSLD.

«En plein milieu d'une pandémie, nous n'avons pas les moyens de perdre une seule place de plus en CHSLD parce que la ministre [des Aînés Margerite] Blais refuse de prendre ses responsabilités. [...] La seule façon de protéger les milliers d'aînés qui vivent actuellement dans les CHSLD privés, c'est de les ramener immédiatement dans le giron public», a plaidé le co-porte-parole Gabriel Nadeau-Dubois.

Stress important

Le père de Diane Lincourt a 91 ans et souffre de problèmes cognitifs. Il demeurait à Herron depuis environ un an, mais il devra déménager pour une quatrième fois en quatre ans. 

«Déménager un homme de cet âge-là qui ne nous voit pas parce qu’on n’a pas le droit d’y aller, c’est stressant, vraiment stressant», lance la dame. 

Elle dit avoir discuté avec son père, qui n'a pas conscience du déménagement qui approche. 

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