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Une multitude de critiques

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Le BAPE a rendu lundi un rapport très critique sur le projet de tramway de la Ville de Québec. Voici quelques faits saillants de ce document de 441 pages qui recommande au gouvernement de ne pas autoriser le projet dans sa forme actuelle.

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Métro et SRB : des options à étudier 

Même si le BAPE estime qu’un réseau structurant est « essentiel » pour Québec, il juge que l’administration municipale n’a pas suffisamment étudié toutes les options qui se présentaient à elle.

Sans se prononcer clairement sur le mode de transport structurant qui devrait être privilégié, le BAPE glisse que « l’option du métro léger n’a pas été convenablement considérée ».

Les commissaires mentionnent également que « l’initiateur [du projet] aurait pu déployer un réseau de plus de 40 km de SRB [Service rapide par bus] au lieu des 22 km pour le tramway ».   

  • Écoutez l'analyse d'Antoine Robitaille et de Caroline St-Hilaire avec Benoit Dutrizac sur QUB radio:   

Le télétravail changera la donne 

Les commissaires sont d’avis que le télétravail aura une influence majeure dans l’avenir. « Un retour au schéma de mobilité précédent est peu probable. »

Les déplacements ne diminueront pas nécessairement, mais il y a de fortes chances qu’ils s’étalent dans la journée et soient moins intenses aux heures de pointe.

La Ville de Québec devrait selon eux mieux documenter ce phénomène afin de démontrer « le besoin d’un mode de transport aussi capacitaire que le tramway ».

Cette analyse devrait être validée par les spécialistes du MTQ avant de recommander l’autorisation du projet, selon le BAPE. 

Pas d’amélioration dans les banlieues 

Le projet de tramway en tant que tel n’améliorera pas la mobilité dans les banlieues, tranche le BAPE.

Le plan de desserte de la couronne périphérique, qui est à part, permettrait de consolider l’achalandage du tramway grâce à une stratégie de rabattement, concède le BAPE.

« Il reste que le transfert modal de l’automobile vers le transport collectif espéré à la suite de l’implantation du tramway apparaît modeste en regard des investissements prévus de 3,3 G$. »  

  • Écoutez l'entrevue de Robert Vandewinkel sur QUB radio    

Une enveloppe budgétaire restrictive 

Le BAPE note que Québec a accepté de s’engager à réaliser son projet à l’intérieur de l’enveloppe de 3,3 milliards de dollars.

« En s’engageant à respecter un budget fixé avant le dépôt du dossier d’affaires initial, l’initiateur s’est privé de la possibilité d’expliquer et de justifier une augmentation des coûts du projet à l’étape du dossier d’affaires final en vue de l’approbation du Conseil des ministres. »

Dans le cas d’une augmentation importante des coûts, « le Secrétariat du Conseil du trésor suggère de réévaluer la pertinence de l’option favorisée et de son mode de réalisation », souligne-t-on.

On note aussi que plus de la moitié des 3,3 milliards sera consacrée à la réfection de la voirie et à la construction d’un tunnel dans le secteur de la colline Parlementaire, dont les coûts restent à préciser. 

  • Écoutez la chronique politique de Rémi Nadeau, chef du Bureau parlementaire à Québec, sur QUB radio:

À la rescousse des arbres 

Le BAPE s’inquiète du sort des arbres. « Dans le cadre du projet, 5300 arbres pourraient être affectés et, selon l’état d’avancement actuel de sa conception, 1701 arbres seraient abattus », écrit la commission. Une préoccupation de nombreux citoyens, par exemple les riverains du boulevard René-Lévesque.

Ces arbres « recèlent une valeur patrimoniale et certains sont qualifiés de remarquables en raison de leur âge et de leur dimension ».

Alors que la Ville promet de compenser chaque arbre abattu par deux arbres, « la commission note que selon plusieurs études, un ratio allant jusqu’à 20 jeunes arbres plantés pour chaque arbre mature abattu serait nécessaire pour en compenser les bienfaits ». Cependant, cela peut s’avérer difficile dans ce périmètre.

Globalement, la contribution du projet à la lutte aux changements climatiques apparaît « incertaine, voire limitée ».

Les commissaires remettent aussi en doute la pertinence des antennes de Charlesbourg et Le Gendre, qui « ne répondent pas au critère de densité évoqué par l’initiateur pour justifier le tracé proposé ».