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Merci Monsieur Trump

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Photo AFP Le président américain sortant Donald Trump lors d’une conférence de presse a la Maison-Blanche mercredi.

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Dans mon expérience de vie, j’ai constamment fait l’effort de toujours voir le bon côté des choses ; en toutes circonstances... Alors, merci de nous avoir dévoilé le visage de l’Autre Amérique. La part sombre de l’Amérique. 

Ce visage, ma génération ne la connaissait qu’à travers des livres d’histoire, des films documentaires ou de fiction.  

Une part de vérité

Merci d’avoir dévoilé le visage authentique des laissés pour compte et celui des pulsions et des instincts les plus bas aux États-Unis. Le visage de la peur et de la haine. Celui du mépris et du ressentiment. 

Celui qui incarne une idéologie des temps anciens où dominait l’obscurantisme. Une idéologie basée sur une prétendue supériorité des autres supposées « races », par ceux qui estiment appartenir à une « race » estimée « supérieure ».

En l’espace d’une séquence de quatre ans, ce visage nous a donné la véritable mesure de la charge de travail qui reste à accomplir en termes d’éducation et de réconciliation. Le défi est monumental, mais pas insurmontable sur la ligne du temps.

Merci de nous avoir tant appris sur les concepts de réalité et de vérité alternatives ; sur la malhonnêteté intellectuelle et le mensonge pathologique.  

Près de 50 % de la population étatsunienne vous a soutenu. Plus de 70 millions de vos adeptes, parfois avec passion et détermination, vous ont adoubé le 3 novembre dernier. Ils avaient trouvé en vous le visage du père ; du protecteur ; du justicier. Sigmund Freud aurait aimé voir cela.

Ne jamais rien tenir pour acquis

Merci également de nous avoir démontré de façon tangible, quatre années durant, que même la plus grande démocratie du monde pouvait sombrer dans la tentation du totalitarisme et de la tyrannie.

À la lumière des résultats des élections et de la bonne résistance des institutions, force est de constater que la démocratie américaine se porte néanmoins bien. De plus, elle continue d’accumuler des points d’exclamation dans le grand livre de l’histoire de ce pays. Après Barack Obama, voici Kamala Harris qui accède tout en haut du sommet politique de la République. 

Que de chemin parcouru ! Il faut voir le bon côté des choses...

Et maintenant ?

Cependant, je souhaite une réconciliation rapide aux États-Unis d’Amérique, car les enjeux auxquels ils vont devoir faire face sont gigantesques : 

  • Juguler le chaos intelligemment ; 
  • Ramener la paix sociale ; 
  • Endiguer la Covid-19 ; 
  • Surmonter la récession ; 
  • Aplanir les divisions ; 
  • Combattre le racisme endémique ; 
  • Réchauffement climatique ; 
  • Chine ; 
  • Ouïgours ; 
  • Russie, etc., etc.

Il va falloir faire place aux compromis, sans pour autant céder aux compromissions. Place à la gentillesse. Place à la bienveillance. 

Aux dires de plusieurs exégètes de la politique américaine et de celles et ceux qui connaissent bien Monsieur Biden et Madame Harris, ils représenteraient le casting idéal pour redonner de l’espoir et de la dignité à ce pays.

Mille belles pensées aux deux. Et « Make America great again » pour de vrai !