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Quelques changements à prévoir ici avec la victoire de Joe Biden

Les décisions prises aux États-Unis auront des répercussions sur nos vies

Quelques changements à prévoir ici avec la victoire de Joe Biden
Photo AFP

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Les décisions que le président désigné des États-Unis Joe Biden prendra dans les prochaines semaines pourraient se faire sentir jusqu’ici. Voici six décrets que l’on pourrait voir rebondir dans la cour des dirigeants canadiens ou dans les poches des consommateurs de l’unifolié.

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Des aliments plus chers ?

La nouvelle approche de Washington face à la pandémie sera très différente de celle de l’ère Trump, « ce qui pourrait remettre en question la logistique à la frontière », selon le directeur du Laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire de l’Université Dalhousie, à Halifax, Sylvain Charlebois. 

« On pourrait imposer de nouvelles mesures sanitaires plus restrictives risquant d’affecter la fluidité des fruits et légumes importés des États-Unis et du Mexique entre novembre et mai », explique l’expert. Un blocage dans la chaîne d’approvisionnement aux États-Unis pourrait ainsi diminuer l’accessibilité et augmenter les prix de certains produits au détail.

Pour le meilleur et pour le pire

Joe Biden s’était engagé à renforcer le Buy American Act, une mesure protectionniste qui pourrait faire mal aux exportateurs canadiens. 

Cette politique d’achat de 700 milliards $ US (913 M$ CAD) a pour objectif d’aider l’économie américaine. Certaines entreprises d’ici pourraient ainsi avoir plus de difficulté à vendre leurs produits à nos voisins du Sud. 

M. Charlebois croit toutefois que le Buy American Act pourrait diminuer le prix de certains produits, comme le porc et le bœuf. 

« Il y a beaucoup de denrées pour lesquelles nous auront des surplus, ce qui entraînerait une baisse de prix », précise-t-il. 

Copain Copain

« Il ne faut pas oublier à quel point Washington devient canadien », lance M. Charlebois.

La vice-présidente Kamala Harris a vécu à Westmount pendant cinq ans, et celle qui est pressentie pour devenir secrétaire d’État, Susan Rice, est mariée à un Canadien. 

« Quand on connaît un pays, on est plus sensible à sa réalité. Cette administration risque d’être à l’affût de ce qui se passe ici », poursuit-il. Le Canada reprendra ainsi son statut d’« ami » des États-Unis et sera moins vu comme un « rival ».

« Avec l’arrivée de Biden, on retrouve ces atomes crochus entre les deux dirigeants [Justin Trudeau], ce qui a toujours une influence sur les relations diplomatiques et économiques », ajoute Gilles Vandal, professeur à l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke.

Moins de surprises

Avec l’arrivée de Biden au pouvoir, on se retrouve devant « une administration qui fera dans la prévisibilité, contrairement à Donald Trump qui cherchait toujours à semer le chaos », prévient Jonathan Paquin, professeur au Département de science politique de l’Université Laval, à Québec.

Les entrepreneurs canadiens n’apprendront pas du jour au lendemain l’imposition d’une taxe sur le bois de construction « à l’improviste ou à coups de tweets », ironise M. Charlebois.

En voyant venir les coups, ils pourront se préparer à augmenter ou à diminuer leur production, par exemple. 

Un argument de plus pour Hydro-Québec

Joe Biden souhaite amorcer la transition de son pays vers les énergies vertes, de quoi donner des munitions de plus à Hydro-Québec, qui cherche à faire accepter son projet de ligne électrique entre le Québec et la Nouvelle-Angleterre. 

La société d’État souhaite exporter 1200 mégawatts d’électricité « propre », ce qui pourrait à terme générer des revenus se chiffrant en milliards de dollars. Mais elle rencontre encore de l’opposition dans le Maine. 

Comme Biden désire privilégier l’énergie produite en sol américain, l’impact réel sur le projet d’Hydro est difficile à prévoir. 

« Est-ce qu’il va vouloir prioriser les énergies vertes locales ou importées ? Ces décisions-là appartiennent aux États, pas au président, mais il peut les influencer », faisait remarquer récemment à l’Agence QMI Julie-Pier Nadeau de la Chaire Raoul-Dandurand.

Vers une réouverture de la frontière ?

Mois après mois depuis le 18 mars, la fermeture de la frontière terrestre entre le Canada et les États-Unis est prolongée. Le gouvernement Trudeau répète depuis qu’une réouverture de celle-ci dépend grandement de la situation sanitaire chez nos voisins. 

Biden a promis une approche beaucoup plus ferme que son prédécesseur pour lutter contre le coronavirus en recommandant notamment le port du masque à l’échelle nationale. Si le président élu parvient à infléchir la courbe de transmission, le Canada pourrait être amené à réévaluer sa position. 

« Nous aimerions que la frontière soit ouverte, mais nous ne pouvons faire cela à moins que nous soyons assurés que les Canadiens sont en sûreté », a déclaré à une radio ontarienne à la fin octobre Justin Trudeau.