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Ex-employé de la Banque CIBC exposé à l’amiante dédommagé

L’homme qui a travaillé dans une tour à Montréal souffre d’un cancer incurable

Tour CIBC (coin Peel et René-Lévesque : 1155, boul. René-Lévesque O
Photo Ben Pelosse Jean-Pierre Archambault a travaillé pendant 42 ans au centre-ville de Montréal dans la tour CIBC, où il a été exposé à l’amiante, avant de développer un cancer de la plèvre.

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Un des plus hauts gratte-ciels de Montréal, l’emblématique tour CIBC, a potentiellement exposé des centaines de personnes à l’amiante, et pour la première fois, une compensation a été versée à un des anciens travailleurs de la banque.

Jean-Pierre Archambault a travaillé 42 ans comme opérateur informatique, puis à titre d’analyste pour la Banque CIBC. Tous les jours, entre 1973 et 2015, il s’est engouffré dans l’édifice situé au coin de la rue Peel et du boulevard René-Lévesque.

Jean-Pierre Archambault a travaillé 42 ans comme opérateur informatique puis analyste pour la Banque CIBC. Il y a été exposé à l'amiante et a développé un cancer de la plèvre. COURTOISIE
Photo courtoisie
Jean-Pierre Archambault a travaillé 42 ans comme opérateur informatique puis analyste pour la Banque CIBC. Il y a été exposé à l'amiante et a développé un cancer de la plèvre. COURTOISIE

Durant cette période, « la tour de la CIBC contenait beaucoup d’amiante », indique la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST).

Pourtant, « tous les jours, il y avait des techniciens qui jouaient dans les plafonds et ils ne prenaient même pas la peine de remettre les tuiles de faux-plafond en place », se souvient M. Archambault.

Or, déplacer ces structures pouvait provoquer « des émanations de fibres d’amiante », indique la CNESST, qui a statué fin juillet que le retraité était atteint d’un cancer dévastateur attribuable à son exposition à l’amiante au travail.

DÉDOMMAGEMENT CONTESTÉ

La CNESST a versé une compensation de plusieurs dizaines de milliers de dollars à M. Archambault, fin août.

Peu après, les avocats de la banque torontoise, qui doit rembourser la Commission des normes, ont contesté cette décision, la jugeant « mal fondée en fait et en droit ».

Dans un bref message envoyé au Journal, une porte-parole de la CIBC a indiqué que la banque est « attristée qu’un ancien collègue soit affecté par un diagnostic de cancer », mais a refusé de commenter davantage, car des pourparlers avec la CNESST sont toujours en cours.

COMBIEN D’AUTRES ?

En attendant, M. Archambault se demande combien d’autres personnes ont été exposées aux fibres mortelles, mais sont maintenues dans l’ignorance.

À 66 ans, ce jeune retraité sportif ne se doutait pas qu’une maladie sourde le rongeait puisqu’il n’a pour le moment aucun symptôme. C’est lors d’une opération au thorax en février 2019 que les médecins ont commencé à douter en voyant ses poumons.

En les analysant, ils ont découvert qu’il était atteint d’un mésothéliome, un cancer incurable qui s’attaque à la plèvre, membrane entourant les poumons.

La CIBC a vendu sa tour montréalaise en 2008 au groupe Petra, une société de la famille Saputo.

Bien que d’importants travaux de désamiantage aient été réalisés entre 1990 et 2015, « il y aurait environ 50 % des étages et des salles de mécanique qui ne seraient pas encore désamiantés », a mentionné le directeur de l’exploitation de l’édifice, Jean-Pascal Lafond, à la CNESST.

Il a assuré qu’un programme de gestion sécuritaire de l’amiante est appliqué « scrupuleusement et systématiquement » pour protéger les travailleurs actuels.