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Le personnel de Saint-Eusèbe est «enragé»; une enquête publique réclamée

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Accusés d’avoir fait entrer la COVID-19 au CHSLD Saint-Eusèbe dans Joliette, les infirmières, infirmières auxiliaires et les préposés aux bénéficiaires ne décolèrent pas de devoir porter le fardeau de l’éclosion à cet endroit.

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Le président du Syndicat interprofessionnel de Lanaudière, Stéphane Cormier, a expliqué mardi sur les ondes de LCN que la grave éclosion dans ce CHSLD était multifactorielle, mais aussi symptomatique d’un problème de gestion évident.

«J’ai entendu notre PDG accuser à demi-mot le personnel de Saint-Eusèbe. On est outré, les gens sont enragés. Ces gens-là donnent sang et eau pour protéger les personnes âgées, les aimer, les soigner. Là, tout d’un coup, lorsqu’il y a une éclosion, c’est de leur faute», a-t-il dénoncé en entrevue avec l’animateur Mario Dumont.

La COVID-19 a fait beaucoup de dommages à cet endroit puisque 55 employés et 80 résidents ont contracté la maladie. Treize personnes en seraient mortes, selon un bilan non officiel.

Selon le président régional, les décisions visant à endiguer la propagation du coronavirus ont mis trop de temps à se mettre en place. Il a également soutenu que des employés malades, mais asymptomatiques, se sont fait dire de revenir au travail avant la fin de leur quarantaine.

«L’INSPQ [l'Institut national de santé publique du Québec] dit que tu dois être au moins 10 jours chez toi, a-t-il ajouté. L’employeur, chez nous, il a dit: "il manque de monde, fait qu’on va vous ramener à sept jours parce que vous êtes asymptomatiques".»

Sur quatre employés qui se sont fait donner cette directive, une seule est finalement retournée au travail avant la fin de la quarantaine de 10 jours, et en zone rouge. Une autre a refusé de le faire en raison des risques. Deux autres, en raison de leur horaire, ont pu rester en confinement 10 jours à la maison.

Le syndicat rapporte également un manque de rigueur quant aux respects des zones rouges. Ce fut le cas pour une nouvelle salariée arrivée au CHSLD Saint-Eusèbe et qui travaillait en zone rouge dès le début. L’employée s’est fait parachuter en zone verte au lendemain d’un quart de travail en zone rouge.

Bien au fait des conséquences qu’un tel changement pourrait avoir sur la santé des usagers, la préposée a dû débattre durant une quinzaine de minutes pour rester en zone rouge, a assuré Stéphane Cormier.

Problèmes évidents

«[Lundi], on a accusé mes membres de manger pas de masque dans une cafétéria exiguë! a-t-il lancé. Ça fait six mois que la pandémie est commencée à Saint-Eusèbe. Il y a trois gestionnaires pour quatre étages, et il n’y en a pas un qui a été capable de dire que ça ne sera pas plus que quatre employés là? Qu’on va mettre des plexiglas, qu’on va vous trouver des horaires de dîner?»

Stéphane Cormier a insisté pour dire qu’il y a plus d’un an et demi, la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) a demandé à ce que les conduits de ventilation soient nettoyés. Cela n’a jamais été fait. Un inspecteur de la CNESST a été avisé du problème jeudi dernier seulement, a-t-il ajouté.

Par ailleurs, il juge que le port du masque N95 serait nécessaire pour protéger le personnel et les bénéficiaires puisqu’aucune fenêtre n’est ouverte à cet endroit.

«Je demande une enquête publique sur la gestion de ce qui s’est passé à Saint-Eusèbe. Ce n’est pas vrai que les infirmières, infirmières auxiliaires et les préposés sont responsables de ça», a-t-il fait savoir.

«Malgré qu’on a pris la crise en retard, on continue à travailler fort, et en date de lundi, le personnel était sur place», a ajouté M. Cormier.

Réaction politique

La ministre responsable des Aînés Marguerite Blais a réagi en indiquant que «des gens devaient être imputables», en faisant référence aux gestionnaires.

«Si on se protège pendant qu’on travaille avec nos personnes vulnérables, c’est bien et puis c’est ça qu’on doit faire, mais après ça, quand on va manger, ensemble, c’est là où il y a un risque de contamination élevé», a ajouté la ministre.

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