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Transparence exigée dans les contrats liés à la pandémie

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Les partis d’opposition aux Communes sont unanimes : le gouvernement Trudeau manque singulièrement de transparence en refusant de dévoiler les détails d’un mégacontrat sans appel d’offres de 371,3 millions $ octroyé à une petite entreprise d’Ottawa pour importer des blouses médicales de la Chine.

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Aussi bien le Parti conservateur que le Bloc québécois et le Nouveau Parti démocratique jugent que le prix à l’unité des blouses commandées devrait être rendu public, ce que le gouvernement fédéral se refuse à faire.

« Le prix de chacune des blouses correspondait à quoi ? Est-ce que c’était un prix compétitif sur le marché ou non ? C’est incroyable qu’on n’ait pas cette information, alors qu’on parle de centaines de millions de dollars », a souligné hier le député néo-démocrate Alexandre Boulerice.

Notre Bureau d’enquête révélait hier qu’une petite entreprise pratiquement inconnue d’Ottawa, Proline Advantage, a décroché le plus gros contrat accordé par le fédéral lors de ses achats de matériel médical liés à la COVID-19 au printemps.

Le gouvernement a refusé de révéler le coût à l’unité des blouses en prétextant la nécessité de protéger « des informations de nature délicate sur les prix ».

Incompréhensible

Pour le député conservateur et critique en matière de contrats publics Pierre Paul-Hus, c’est à rien n’y comprendre. 

« On ne parle pas d’équipements reliés à la sécurité nationale, de puces électroniques, on parle de jaquettes médicales », a-t-il lancé.

« On peut concevoir que lorsqu’on fait une négociation, a-t-il poursuivi, on garde les termes secrets pour obtenir le meilleur prix possible et éviter la surenchère. Mais maintenant, comme les contrats ont été donnés il y a plusieurs mois, il serait normal d’être transparent. »

« Pas des pinottes »

Il ne faut pas perdre de vue la taille immense de ce contrat, selon la députée bloquiste Julie Vignola. 

« On parle de centaines de millions de dollars, ce n’est pas des pinottes, et c’est l’argent des contribuables », a-t-elle dit.

« Pendant ce temps-là, j’ai des gens dans ma circonscription [Beauport–Limoilou] qui m’interpellent et qui se demandent comment ils vont manger ce soir. »


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