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71 millions de trumpistes

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Soixante et onze millions, c’est le nombre de personnes qui ont voté pour ce président aux accointances racistes, sexistes et fascistes.

La question, vue du Québec : comment se fait-il qu’autant d’Américains aient pu voter pour cet homme ?

Parce qu’on ne connaît pas, ou très-très-très peu les États-Unis. 

Il y a une panoplie de pays dans ce pays, une panoplie d’Américains parmi les Américains. 

Le pays qu’on connaît, qu’on fréquente, ce n’est qu’un fragment des États-Unis. 

C’est New York, c’est Boston, c’est Miami, tous ces grands centres urbains qui nous ressemblent, auxquels on peut facilement s’identifier. 

La chapelle Trump

La grande réussite de Trump, c’est la canalisation et la fédération de toutes les colères américaines autour de sa candidature, de sa propre personne. 

Des gens, de tous les horizons, de tous les intérêts et de toutes les frustrations, qui se sont réunis sous la chapelle Trump. 

Une colère religieuse, d’abord, vis-à-vis un monde qui se déchristianise de plus en plus.

Une colère sociale, ou identitaire, devant un présent qui évolue et qui perd ses repères traditionnels. 

Une colère fiscale, envers l’État-trop-gros et l’État-nounou, dans un pays bâti à partir d’une insurrection anti-taxes, anti-État. 

Une colère antisystème, conspirationniste, des marginaux qui voyaient dans ce marginal politique un des leurs.

Et bien sûr une colère illégitime, qui révulse, rassemblant tous les zélés de la race, les racistes de tout acabit.

Ajoutons à cela un univers médiatique alternatif, avec des astéroïdes comme Fox News, Washington Examiner et New York Post, qui désinforme et crée un vacarme si puissant rendant toute vérité impossible. 

Trump, par son exubérance et son opportunisme, a réussi à tenir cette coalition de 71 millions d’électeurs. 

Tous ces gens profitaient de Trump, tout comme il profitait d’eux, tout comme les républicains profitaient de Trump. 

Des échanges d’intérêts, quoi ! 

Depuis 2016, cette coalition a tenu tout en restant hautement fragile. C’est pourquoi la défaite de Trump risque aussi d’être une défaite irrémédiable du trumpisme. 

Enfin, espérons-le.