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Sam, le Gattuso de l'Impact

Sam, le Gattuso de l'Impact
Martin Chevalier / JdeM

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Au coup de sifflet final de l’arbitre, l’euphorie a envahi les joueurs de l’Impact à Washington. Cette victoire de 3 à 2 acquise aux dépens du D.C. United permettait non seulement de valider la qualification pour les séries éliminatoires, mais confirmait aussi que les efforts et les sacrifices faits par le club au cours des deux derniers mois n’avaient pas été vains. 

Toutefois, à travers les effusions de joie une ombre apparaît: l’Impact devra jouer son premier match du tournoi d’après-saison sans Samuel Piette, suspendu à la suite de son carton rouge. De tous les casse-tête tactiques auxquels Thierry Henry a fait face cette saison, il semble que la perte du milieu de terrain québécois soit le plus difficile à résoudre.

Pour Hassoun Camara, la perte de Piette fait mal.

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«On pourrait dire que Sam, c’est le [Gennaro] Gattuso de l’Impact d’un point de vue défensif, image l’ancien défenseur du Bleu-Blanc-Noir dans la baladodiffusion XI MTL à QUB radio. Il a évolué cette année et offensivement là où il apporte beaucoup. S’il y en a un qui ne fallait pas qu’il prenne un rouge, c’est bien lui.»

Même son de cloche pour l’analyste Vincent Destouches, qui ajoute que l’équilibre de l’équipe repose en grande partie sur le jeu du numéro 6 montréalais.

«Samuel Piette, il est précieux dans ce qu’il fait, insiste Destouches. Il n’y a pas un autre joueur que lui dans l’effectif qui peut faire ce que lui il fait. Sam a des missions à son poste dans les "patterns" de jeu, dans les appels, etc. L’équilibre de l’équipe tient notamment au fait qu’il remplit beaucoup de ces cases.»

L’Impact joue son premier match éliminatoire le vendredi 20 novembre contre le Révolution de la Nouvelle-Angleterre.

Beckham et sa place dans l’histoire de la MLS

Pour ses 25 ans, la Major League Soccer (MLS) a demandé à plusieurs spécialistes de faire la liste des 25 meilleurs joueurs de son histoire. Frédéric Lord et Vincent Destouches ont fait partie du panel pour identifier les joueurs qui ont le plus marqué les esprits dans le circuit Garber au cours de toutes ces années. Exercice imparfait, les deux analystes de TVA Sports se sont ouverts sur les critères qui avaient guidé leurs choix.

Comme c’est souvent le cas, un joueur anime particulièrement les discussions: David Beckham. Très bon sur le terrain, son legs sportif est souvent dépassé par ce qu’il représente dans la culture populaire.

«Je l’ai mis dans ma liste, confie Destouches. D’abord, il va y être parmi les 25. C’est un bon joueur, mais en plus il a gagné des titres: deux Coupes MLS et deux Supporters’ Shield. C’est quand même important. Mais en dehors de ça, il a changé la "game". La MLS ne serait peut-être pas ce qu’elle est aujourd’hui sans lui.»

Est-ce que Nacho Piatti, peut-être le meilleur joueur de l’histoire de l’Impact, se retrouve dans cette. Liste de 25?

«Si Piatti ne joue pas à Montréal, il a peut-être une trajectoire médiatique en MLS qui se rapproche de Diego Valeri [que j’ai mis sur ma liste], explique Destouches. Je resterais éternellement un peu déçu que Piatti n’ait pas eu la reconnaissance qu’il mérite.»

La mémoire comme une «bébelle» en plastique

Dans le monde de l’Impact, une nouvelle est passée inaperçue au courant des dernières semaines. Le nouveau joueur Mustafa Kizza s’est vu remettre le #12 par le club qu’il a fièrement porté une première fois dans la victoire des Montréalais dimanche dernier à Washington.

Mais, entretemps, peu de gens ont noté que l’Impact avait fait une entorse à ses propres règles. Le 17 mars 2012, à l’occasion du premier match MLS de l’histoire du club au Stade olympique, ce numéro avait été retiré pour souligner l’importance des partisans du Bleu-Blanc-Noir. Dans une cérémonie qui avait précédé le match face au Fire de Chicago, Eduardo Sebrango avait retiré son maillot et aucun joueur n’avait porté le 12 depuis.

Toutefois, dimanche dernier, les choses ont changé... ou pas. Pour le descripteur des matchs de l’Impact, Frédéric Lord, cette broutille est un symptôme du mal qui ronge par moment l’équipe.

Pour lui, trop d’exemples portent à croire que ces initiatives ne sont que des interventions marketing désincarnées plutôt qu’un message fort envoyé à ses membres et à la communauté devant et pour laquelle l’Impact évolue.

Dans «XI MTL», il cite aussi en exemple les quatre étoiles du logo qui devaient représenter les quatre peuples fondateurs de la ville de Montréal (Français, Anglais, Irlandais et Écossais). Depuis, Montréal a reconnu en tant que fondateurs les peuples autochtones et ajouté le symbole du pin blanc à son drapeau sans que l’Impact n’inscrive une étoile de plus à son écusson.

Autre exemple: le mur de la renommée crée en 2018 qui a relégué aux oubliettes le club des bâtisseurs et ses sept membres, Lloyd Barker, Patrick Diotte, Rudy Doliscat, John Limniatis, Grant Needham, Nick Filippone et Gabriel Gervais.