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Gouverner ou plaire?

Finances Eric Girard
Photo d’archives, Simon clark À partir de 2016, la transition politique entre la rigueur budgétaire et le nouveau Québec en surplus budgétaire a été difficile pour le PLQ. La CAQ vivra le phénomène inverse avec la mise à jour budgétaire présentée ce jeudi.

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Gouverner, c’est penser à demain. Plaire, c’est penser à maintenant et à la prochaine élection. 

Cet après-midi, le ministre des Finances, Éric Girard, fera le point sur la situation économique et financière du Québec. On le sait déjà, et c’est normal dans le contexte, la CAQ se retrouvera dans une situation bien différente de celle dont elle a hérité. 

Pour le gouvernement, la mise à jour économique sera une occasion de rendre publique la complexité du travail qu’il aura à accomplir, mais également de partager les premiers indices du type de relance économique qui sera privilégié.

L’heure des choix a sonné

Durant la première partie de son mandat, la CAQ a souvent comparé ses réinvestissements à ceux effectués (ou pas) par ses prédécesseurs. Entamer un mandat de gouvernement dans le rouge ou le vert fait toute la différence, parce qu’aucun gouvernement élu n’a envie d’annoncer de la rigueur budgétaire.

Pour la première fois depuis son élection, la CAQ n’aura plus le loisir de répondre positivement à toutes les demandes exprimées. Bien plus qu’un simple exercice de communication, la mise à jour est une étape charnière de la vie de ce gouvernement.

Érosion du capital politique

La CAQ a réussi à rallier une majorité de Québécois derrière ses projets, malgré quelques contestations qui étaient prévisibles. Dès le début de son mandat, elle a misé sur des initiatives populaires et identitaires pour asseoir sa popularité. 

À Québec, plusieurs savent que le but premier du premier ministre Legault n’a jamais été de baser l’action de son gouvernement sur l’identité. C’était un moyen de chercher l’adhésion nécessaire pour réaliser ses véritables priorités : développer l’économie et créer un système d’éducation de classe mondiale.

La manœuvre a si bien marché que le capital politique qu’il a accumulé auprès de la population pourrait lui permettre de traverser cette nouvelle étape. 

  • Écoutez la chronique d'Harold Fortin sur QUB radio:

La clé du succès

L’obsession caquiste a toujours été de se différencier de ses prédécesseurs. Chaque gouvernement le fait, et ce n’est pas nouveau. 

Son défi sera de maintenir la cohé-sion de sa coalition à la suite des choix qui seront faits. Ce que l’on priorise et la manière dont on le fait sont des signaux importants quant à la philosophie qui guide une formation politique.

Outre la pandémie, la vision quant à l’emploi, la relance économique, l’environnement, la qualité des services et la gestion des finances publiques seront au cœur des éléments qu’il faudra suivre avec attention.

L’électorat semble souvent, et parfois avec raison, plus intéressé par les enjeux immédiats que ceux qui surgiront dans l’avenir. Les résultats des deux dernières élections fédérales ont démontré qu’il est possible de justifier un déficit si la population considère qu’il y a un gain durable à obtenir.

L’équipe ministérielle a l’occasion de montrer ses talents de gestionnaire avant la prochaine élection et comme vous le savez, on reconnaît les meilleurs danseurs uniquement à la fin de la soirée.