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La laïcité fait que l’identité civile prime sur la religion

Un historien témoigne de l’évolution et des origines de la laïcité

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Photo Agence QMI, Joël Lemay Le professeur émérite de l’Université McGill Yvan Lamonde a témoigné hier au procès de la Loi sur la laïcité en tant qu’expert en histoire.

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Le procès pour tenter de faire invalider la Loi sur la laïcité a pris des allures de cours universitaire hier alors qu’un professeur ayant étudié l’histoire de la laïcité au Québec est venu témoigner de l’évolution du concept et de ses origines.

«Sur près de 200 ans, l’argument-phare de la laïcité est que dans une société démocratique, c’est l’idée que le civil soit prioritaire dans cette société, c’est cela qui rassemble ce qu’ont en commun chaque citoyen», a expliqué Yvan Lamonde, professeur émérite d’histoire à l’Université McGill et expert en histoire de la laïcité.

L’historien avait remis au gouvernement un rapport d’expertise portant sur quatre thèmes de la laïcité : soit son rôle dans le cheminement de la province, les rôles et places qu’occupent les signes religieux dans l’histoire québécoise, les similitudes et distinctions de la laïcité au Canada et au Québec, ainsi que l’historique de l’ensemble des religions.

Il a donc dressé un portrait du rôle de l’Église au sein de la société, qui a vu son pouvoir être diminué au fil du temps au profit d’une laïcité de l’État.

Bien commun, angle mort

Selon l’expert, «les droits individuels ont pris une part importante au sein de la société d’aujourd’hui», ce qui n’est pas une mauvaise chose, mais ont fait en sorte que le «bien commun est devenu un angle mort».

«Mais ce n’est pas le propos pour la laïcité. Il faut que l’identité civile soit l’identité première, puis l’identité religieuse ou autre, est seconde mais pas secondaire. L’école [publique] est pour le citoyen, pas la croyante ou le croyant», a affirmé Yvan Lamonde.

C’est pourquoi, selon lui, que les employés de l’État ne doivent pas afficher de symbole religieux dans l’espace public, puisque ça permet de rassembler l’ensemble des citoyens de manière égale.

Ça ne force toutefois pas les employés gouvernementaux à être athée ou agnostique, a-t-il ajouté.

Après avoir réalisé son témoignage, le professeur émérite a été questionné par plusieurs avocats, puisque de plusieurs groupes différents s’opposent à la Loi sur la laïcité et veulent la faire invalider. Dans la salle, plus d’une vingtaine d’avocats sont présents, sans compter ceux qui suivent les procédures de manière virtuelle.


♦ Le procès entourant la Loi sur la Laïcité se poursuit aujourd'hui au palais de justice de Montréal.