/entertainment/tv
Navigation

«Omertà, la loi du silence»: l’école de Luc Dionne

«Omertà, la loi du silence»: l’école de Luc Dionne
Photo Courtoisie, Radio-Canada

Coup d'oeil sur cet article

Bien avant District 31, Luc Dionne avait rivé les téléspectateurs à leur petit écran avec Omertà, la loi du silence, série de haut calibre qui dépeignait déjà avec aplomb les tractations des milieux policiers et du crime organisé.

À elle seule, la première saison d’Omertà, diffusée à l’hiver 1996 à Radio-Canada – et qu’ICI ARTV condense en rafale à son antenne les trois prochains dimanches – avait récolté 10 trophées Gémeaux.

Deux autres chapitres, relayés à l’automne 1997 et l’hiver 1999, un roman et un film avec René Angélil, en 2012, avaient bouclé l’aventure Omertà qui, on s’en rappelle, prenait racine dans la course des enquêteurs Pierre Gauthier (Michel Côté) et François Pelletier (Luc Picard) pour épingler le parrain de la mafia montréalaise, Giuseppe Scarfo (Dino Tavarone).

«Omertà» révélait déjà dans toute sa splendeur le talent de créateur de Luc Dionne, qui s’est par la suite démarqué avec d’autres œuvres audacieuses comme Bunker, le cirque, Le dernier chapitre, Blue Moon et, bien sûr, la bien-aimée District 31.

«Je ne connaissais rien là-dedans. Je ne savais même pas la différence entre un producteur et un réalisateur. J’ai écrit une série que j’ai présentée aux Productions SDA, et le reste appartient à l’histoire, comme on dit!» confie le prolifique auteur en entrevue, en se remémorant ses débuts.

«Omertà, la loi du silence»: l’école de Luc Dionne
Photo Courtoisie, Radio-Canada

Naïveté

L’ancien attaché politique n’avait jamais rien écrit, «sauf des cartes postales à [sa] mère», lorsqu’il a entrepris de construire l’histoire d’Omertà.

Dans toute sa naïveté, spécifie-t-il lui-même, il avait fait son école de scénarisation en consultant un ouvrage intitulé The Element of Screenwriting et avait laissé libre cours à son imagination en tricotant son suspense, inspiré par sa connaissance du milieu du crime organisé et ses discussions avec des gens de son entourage, amis et membres de sa famille, qui gravitaient près des corps policiers.

Dès lors, il a tout appris des rouages de la télévision, en pondant parfois plus d’une vingtaine de versions de ses textes d’Omertà.

Instantanément, le public a eu un coup de cœur pour le style déjà brut et impitoyable de Dionne, qui ne se privait jamais d’éliminer un protagoniste fort à la Scarfo, si le soubresaut pouvait servir son intrigue, quitte à déplaire à l’auditoire. Parlez-en aux éternels endeuillés de l’inoubliable Nadine Legrand (Magalie Lépine-Blondeau)...

Humble, Luc Dionne salue les Pierre Houle (réalisateur), Francine Forest (productrice), Claude Bonin (producteur) et autres maîtres qui, dans les coulisses d’Omertà, lui ont appris les rudiments de son métier.

«J’ai tout appris avec eux. Ce sont eux qui ont fait en sorte que je suis capable d’écrire à la vitesse que j’écris aujourd’hui. Omertà a été une grande école d’apprentissage pour moi.»

«Omertà, la loi du silence»: l’école de Luc Dionne
Photo Courtoisie, Radio-Canada

Amusants souvenirs

Les souvenirs amusants abondent dans les propos de Luc Dionne lorsqu’il se remémore la genèse d’Omertà.

Quand il raconte, par exemple, comment ses producteurs et Radio-Canada l’avaient «confiné» dans une chambre d’hôtel le temps d’un week-end pour savoir s’il était capable d’écrire sous pression.

Ou quand il relate qu’il avait fait lire ses premières lignes à l’auteur Jean-Pierre Plante qui, séduit, avait aussitôt fait courir le bruit qu’un jeune talent incroyable était sur le point de soumettre une série policière sans égale à Radio-Canada. Intrigué, tout le milieu de la télévision s’était alors mis à pied d’œuvre pour concevoir des séries semblables, croyant que la société d’État cherchait avidement ce type de produit. Étaient nées dans la foulée des propositions comme Jasmine et 10-07, finalement diffusées à TVA et TQS.

Luc Dionne se juge mal placé pour analyser si Omertà a marqué un jalon à la télévision québécoise. Il convient néanmoins que l’opus a possiblement marqué son industrie en amenant un changement de ton dans la fiction d’ici, jusque-là beaucoup portée par les sagas historiques à la Temps d’une paix ou Filles de Caleb et encore timide dans le domaine de la série lourde, exception faite de Lance et compte.

«Après Scoop, [aussi conçue par Pierre Houle et Francine Forest], j’arrivais avec une série qui avait le même genre de traitement, avec une espèce de véracité de ton, de non-jeu de la part des comédiens, une musique très importante...»

Et, même si le projet date de près de 25 ans, Omertà n’est jamais loin dans le cœur et l’esprit de Luc Dionne.

«Dans District 31, j’ai un personnage qui s’appelle Nick Romano [Mathieu Baron]. Et, une fois sur deux, j’écris Nick Balsamo [Romano Orzari dans Omertà III]!»

Omertà, la loi du silence, les dimanches 15, 22 et 29 novembre, de midi à 16h, à ICI ARTV.