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Plekanec le conseiller

L’ancien joueur de la LNH a rencontré Jan Mysak, récent choix de 2e tour du Canadien

Repêchage 2020 LNH
Photo courtoisie Brandon Taylor, Bulldogs de hamilton Jan Mysak a joué avec les Bulldogs de Hamilton, dans la Ligue de l’Ontario, la saison dernière.

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Tomas Plekanec a bu un café à Prague avec un jeune espoir du Canadien, Jan Mysak. Une rencontre d’un peu plus d’une heure mardi dans la magnifique capitale de la République tchèque, où l’ancien centre du CH a prodigué quelques conseils au choix de 2e tour de l’équipe au dernier repêchage. 

Rob Ramage, le directeur du développement des joueurs chez le Canadien, avait ébruité la nouvelle lors d’une visioconférence le 29 octobre dernier en disant que Plekanec devait parler à Mysak dans les prochains jours. 

Mysak, qui a récemment participé à la Coupe Karjala avec l’équipe de la République tchèque, a finalement eu le temps de s’asseoir avec l’ancien numéro 14 du Tricolore à son retour de ce tournoi. 

« C’était une belle rencontre. Je dirais même que c’était très bien, a raconté Plekanec en entrevue téléphonique au Journal, mercredi. Jan est un bon jeune. J’ai été impressionné par son attitude et son désir d’apprendre. Il cherche déjà à savoir ce qu’il devra faire pour atteindre la LNH. Il posait de bonnes questions pour comprendre la mentalité d’un joueur de la LNH. »

Plekanec a aussi aimé l’esprit d’initiative de son jeune compatriote.  

« Jan m’a téléphoné assez rapidement après le repêchage, a-t-il expliqué. Il s’est débrouillé pour faire les premiers pas. Je trouvais que c’était un signe de maturité pour un jeune homme de 18 ans. Il a une belle curiosité. Il voulait savoir ce qu’il devrait faire pour un jour devenir un joueur du Canadien de Montréal. » 

Un correspondant à l’étranger

À 38 ans, Plekanec n’a pas encore accroché ses patins. Il porte les couleurs de l’équipe de Kladno, sa ville natale, dans la deuxième division tchèque. 

Celui qu’on surnommait l’homme au col roulé gardera toujours de bons souvenirs de ses jours à Montréal, là où il a joué 984 de ses 1001 rencontres dans la LNH. 

Plekanec n’a pas rencontré Mysak à la demande de Marc Bergevin ou d’un autre membre influent de l’organisation. 

« Je n’avais pas le sentiment de travailler pour l’organisation du Canadien, a-t-il répliqué avec le sourire dans la voix. Ça me faisait plaisir de l’aider, de lui offrir des pistes de solution. 

« Mais oui, le Canadien restera toujours dans mon cœur, a-t-il poursuivi. Si je peux redonner à l’équipe, je le ferai toujours avec plaisir. J’ai le sentiment d’avoir traversé plusieurs épreuves au cours de ma carrière. Je n’ai pas eu le chemin facile vers la LNH. J’ai passé trois ans à Hamilton dans la Ligue américaine. J’ai eu mes moments de doutes où je me posais des questions à savoir si j’avais ce qu’il fallait pour atteindre l’étape suivante.

« Je partais de la République tchèque. Je venais tout juste d’avoir 20 ans et je ne parlais pratiquement pas l’anglais. Je n’étais pas un très gros choix au repêchage [3e tour en 2001]. J’ai eu besoin de travailler très fort pour connaître une belle carrière à Montréal. Je sentais que je pouvais partager mon expérience à Jan. C’était une façon de redonner à un plus jeune. Je lui ai passé mon message en lui rappelant que le gros du travail restait devant lui. À son âge, je n’avais aucune idée à quoi m’attendre. Je me dis qu’en lui parlant de mon vécu, je pouvais l’éclairer et l’aider. » 

Un jeune sérieux

Mysak, 48e choix au dernier repêchage, n’a pas axé sa conversation avec Plekanec sur la folie d’un gros marché comme celui de Montréal.  

« Ce n’était pas vraiment des questions sur le Canadien ou la ville de Montréal, mais plus sur la façon de jouer dans la LNH, a résumé Plekanec. Il voulait se concentrer sur certains aspects de son jeu. Il me posait des questions sur les mises en jeu, sur la couverture défensive pour un centre. Il me demandait ce que j’avais fait à mes débuts en Amérique du Nord pour m’adapter à une autre réalité. 

« Je lui ai conseillé d’avoir du plaisir, de rester sérieux et de réaliser qu’il a eu la chance de se faire repêcher par une très bonne organisation. En plus, le Canadien est une équipe qui s’améliore. Ils ont de bons espoirs à toutes les positions. Jan aura besoin de travailler fort, mais il a l’intention de le faire. Il est déjà très mature. 

« À mes deux dernières saisons en République tchèque, j’ai parlé avec plusieurs jeunes. Je peux vous confirmer que Mysak appartient à la catégorie des espoirs qui sont sérieux et qui veulent réellement apprendre. Il n’y a pas beaucoup de jeunes comme lui aujourd’hui. J’ai joué un ou deux matchs contre lui. Il était l’un des plus beaux espoirs de la Ligue en République tchèque. Il écoute, il veut s’améliorer, il a un désir d’apprendre. Pour moi, on parle de signes encourageants. Et il a du talent, beaucoup de talent. C’est un attaquant créatif. »

Plekanec et Mysak ont aussi une autre chose en commun. Les deux ont passé du temps à Hamilton. Plekanec a joué trois ans pour les Bulldogs dans la Ligue américaine, alors que Mysak jouerait actuellement pour les Bulldogs dans la Ligue junior de l’Ontario si ce n’était pas de la COVID-19.  

À Kladno avec Jagr  

Jaromir Jagr et Tomas Plekanec se retrouvent plus de six ans après avoir été coéquipiers avec l’équipe de la République tchèque aux Olympiques de 2014, à Sotchi.
Photo d’archives
Jaromir Jagr et Tomas Plekanec se retrouvent plus de six ans après avoir été coéquipiers avec l’équipe de la République tchèque aux Olympiques de 2014, à Sotchi.

Tomas Plekanec a déjà joué huit matchs cette saison avec les Chevaliers (Rytiri) de Kladno, une équipe de deuxième division en République tchèque. À 38 ans, il a encore l’amour du hockey et un objectif très précis en tête.

Le hockey en République tchèque est actuellement paralysé, comme à plusieurs endroits dans le monde. La pandémie de COVID-19 frappe ce pays d’Europe encore plus fort qu’à la première vague au printemps avec près de 9000 cas par jour sur une population de 10,7 millions d’habitants. 

« Nous n’avons pas joué depuis un mois, a précisé Plekanec. Nous avons toutefois recommencé les entraînements et à patiner à l’aréna. Nous devrions reprendre la saison d’ici une semaine. Il y a encore beaucoup de cas, mais c’est mieux qu’il y a quelques semaines. Ça repart dans la bonne direction. Mais la deuxième vague est beaucoup plus intense et forte que la première. Vraiment plus forte. » 

niveau différent

Plekanec, qui est le capitaine de son équipe, avait amassé 10 points (5 buts, 5 passes) en huit matchs avant l’interruption de la saison. 

« Je suis encore en pleine forme, je n’ai pas ralenti, a-t-il répliqué en riant. J’ai de bons chiffres, mais je joue dans une deuxième division. Ce n’est pas le top comme niveau. On est loin de la LNH. Mais j’ai comme mission de ramener l’équipe de Kladno en première division. Pour y arriver, nous devrons gagner le championnat. J’aimerais revoir l’équipe de Kladno dans la première ligue. »

« Je joue cette année, je jouerai probablement la saison prochaine, idéalement en première division, et après ça, on verra. Je pourrais toujours prendre ma retraite dans deux ans. »

Le 68

À Kladno, Plekanec devrait aussi avoir le bonheur de jouer avec un ami de longue date, Jaromir Jagr. L’ancienne gloire des Penguins de Pittsburgh n’a pas encore joué cette année. 

« Jaromir devrait recommencer à jouer prochainement. Il patine avec l’équipe. Comme je le connais, il devrait jouer bientôt. Il a 48 ans, il pourrait jouer jusqu’à 50 ans. Je le crois réellement. Il aime trop le hockey. S’il n’a pas une blessure majeure, il s’accrochera. 

« À 48 ans, il ne sera pas le meilleur joueur de la ligue, mais l’un des bons. Il marquera encore des buts en supériorité numérique. Il a encore un impact, il est dans une bonne condition physique et il est toujours aussi fort en protection de rondelle. » 

Encore du temps

Si Jagr prolongera sa carrière jusqu’à probablement 50 ans, Plekanec aura des choix à faire bien avant cet âge. Mais pour l’instant, il n’y pense pas trop. Une offre d’emploi du CH dans un rôle de recruteur ou de développement des joueurs pourrait-elle le charmer ?

« Je suis encore un joueur, je poursuis ma carrière. Je joue chez moi à Kladno. J’ai encore du plaisir. Je n’ai pas encore à me poser de questions sur mon futur, sur les propositions d’emplois qui pourraient m’intéresser. J’y penserai un jour, probablement dans deux ans. 

« Je ne peux pas dire que je ne dirai jamais oui à un emploi dans la LNH. Mais j’ai encore du temps pour y réfléchir. Je me concentre sur le hockey à Kladno et sur ma famille. »