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Trump, les républicains et Fox News

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J’aurai bientôt l’occasion de m’exprimer sur les divisions qui secouent le Parti démocrate depuis quelques années déjà. Elles défraient régulièrement la chronique et elles ressurgissent depuis l’annonce de la victoire de Joe Biden.

Ce matin, je me concentre plutôt sur les très nombreuses rumeurs et confidences qui circulent dans l’orbite présidentielle. Malgré de nombreux recours judiciaires et une purge au sein du Pentagone, Donald Trump planifierait déjà ce qu’il fera après avoir quitté la Maison-Blanche, dans la matinée du 20 janvier.

Impossible de valider toutes les informations qui font les choux gras de plusieurs publications, mais elles illustrent bien la délicate situation dans laquelle se retrouve le Parti républicain. Le stratège républicain Karl Rove reconnaissait hier que les recours judiciaires sont insuffisants et qu’il n’y a pas d’espoir de renverser le résultat de l’élection.

Pourquoi, alors, ne pas faire davantage pression sur le président pour qu’il reconnaisse la défaite et qu’il facilite enfin la transition? Tout simplement parce que, même battu, Donald Trump est encore indispensable à la formation politique. Et ses projets pour les quatre prochaines années forceront probablement sa formation à effectuer des choix déchirants.

Non seulement les partisans du président sont-ils encore sollicités pour faire la différence dans les deux élections pour les postes au Sénat de la Géorgie, mais Donald Trump a bien l’intention de les animer et de «capitaliser» (dans tous les sens du terme) sur leur loyauté. Qu’il se joigne à un réseau existant ou qu’il lance sa propre chaîne sur le web, le milliardaire sera omniprésent dans les médias.

Si on lui prête également l’intention d’être à nouveau candidat en 2024, dans l’intervalle, il va animer le débat en poursuivant ses attaques contre ses ennemis traditionnels, tout en y ajoutant une nouvelle cible.

Donald Trump aurait l’intention de faire tomber Fox News, dont il n’a guère apprécié la couverture récemment. Pour le président sortant, le réseau créé par et pour des républicains a effectué un virage important et se retrouve désormais sur une longue liste de médias qu’il associe à la désinformation, les «fake news».

Imaginez maintenant le dilemme dans lequel se trouvent les dirigeants du Parti républicain. La grande popularité de Donald Trump a entraîné la formation politique dans la tourmente. Le style et les idées du milliardaire divisent, mais la formule rapporte. On a regagné la présidence en 2016 et effectué des gains à la Chambre en 2020, tout en préservant 50 sièges au Sénat, peut-être plus.

Quel chemin doit-on emprunter maintenant? On profite de la défaite pour modifier la plateforme et se rapprocher de clientèles qui nous ont coûté la Géorgie et le Nevada? On revient un peu plus vers le centre pour reprendre des États pivots cruciaux?

Donald Trump partira le 20 janvier, mais dans ses bagages se retrouvera peut-être l’avenir du Parti républicain. Fort de millions de partisans indéfectibles et d’une présence médiatique qui lui assurera financement et visibilité, l’auteur de The Art of the Deal continuera d’être une force politique incontournable.