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Vibrant plaidoyer pour freiner la technologie

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Photo AFP Comme ils le font depuis de nombreuses années, Gary Player et Jack Nicklaus ont donné le coup d’envoi au 84e Masters, jeudi.

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AUGUSTA | Tant Gary Player que Jack Nicklaus ont livré un vibrant plaidoyer pour freiner la progression technologique de l’équipement, jeudi matin, dans leur traditionnelle conférence de presse touchant une variété de sujets.

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Devant la montée en puissance des longs cogneurs et la récente percée de Bryson DeChambeau, qui arrive maintenant à frapper la balle jusqu’à la lune, les deux ténors du golf admettent qu’il est temps de modifier les balles.

Un comité de recherche de l’Association de golf des États-Unis (USGA) et du Royal and Ancient (R&A) a d’ailleurs dévoilé les grandes conclusions d’une étude portant sur les impacts de la distance, en février dernier. Mais la pandémie a retardé la suite du rapport, qui serait publié cet hiver. Celui-ci s’attarde, entre autres, aux impacts des percées technologiques, dont les balles, sur la longueur des terrains. 

En 2019, la moyenne des coups de départ des 20 plus longs cogneurs des circuits de la PGA et d’Europe a bondi à 310 verges. Depuis 2013, ils ont ajouté huit verges à leur moyenne pendant que leurs collègues moins puissants en ont gagné sept. Selon cette étude, de 2003 à 2013, les données n’avaient pas changé. Les avancées technologiques chez les équipementiers depuis 10 ans expliquent la progression à laquelle les parcours s’ajustent difficilement. 

Entrée en vigueur en 2021 ?

Les nouveaux enjeux sont autant sportifs qu’environnementaux et sociaux. 

« L’équipement aide énormément à gagner en distance. Jack et moi en parlons depuis tellement longtemps. Nous préconisons l’arrêt des percées sur le marché des balles et ce sera fait », a soutenu Player. 

Le Black Knight admire DeChambeau, dont la philosophie a amené le sport à un nouveau niveau. Il se demande toutefois où placer la limite. 

Nicklaus estime que les organismes de gouvernance mettront très bientôt un frein aux balles volant de plus en plus loin. Selon lui, ce serait déjà fait, n’eût été la pandémie en 2020. On pourrait s’y attendre en 2021. 

« La USGA et le R&A sont sérieux à ce sujet. Je les avais avertis une première fois en 1977. Si je me souviens bien, Bobby Jones a écrit dans son livre que la chose à surveiller dans le futur, c’est la distance franchie par les balles. C’était en 1930...

« Elle a toujours été un enjeu, a poursuivi le Golden Bear qui a changé sa vision de sa firme d’architecture de parcours de golf. Si nous disposions d’énormes terrains et de ressources illimitées, ça ne ferait aucune différence. Mais ce n’est pas le cas partout dans le monde. En fait, très peu d’endroits peuvent se le permettre. »

Solutions rapides

À ce sujet, Nicklaus sait très bien que l’Augusta National est à la croisée des chemins quant à la gestion de la distance. L’ANGC a les moyens de ses ambitions, ce qui n’est pas le cas de 99 % des parcours sur la planète. 

« Le monde du golf doit appliquer des changements, sinon tous les anciens terrains et les stratégies disparaîtront. Ça n’a pas de sens. 

« Il faut contrôler l’équipement. Il est meilleur aujourd’hui qu’il ne l’était à l’époque des tiges en métal et des têtes en bois. »

Et sans pénaliser les golfeurs amateurs et les débutants qui utilisent des bâtons plus permissifs, un moyen efficace de freiner la quête de la distance pour le sport, c’est de s’attaquer aux balles. 

Que ce soit à Augusta, à St Andrews, au Royal Melbourne, au Royal Montréal ou au Royal Québec, l’enjeu reste le même. Une limite doit être tracée dans l’intérêt du sport.