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2100 appels par an en santé mentale

Le nombre de duos composés d’un agent du SPVM et d’un intervenant social pourrait bientôt doubler

ÉSUP du SPVM
Photo Pierre-Paul Poulin Éric Lefebvre, intervenant d’Urgence psychosociale-justice, Jason Champagne, directeur des programmes santé mentale et dépendance au CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, Annie Fortin, agente, et Marie-Claude Dandenault, inspectrice à la police de Montréal.

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La police de Montréal envisage de doubler sa patrouille mixte spécialisée mise sur pied pour intervenir auprès d’individus en crise, devant l’importance du phénomène des problèmes de santé mentale. 

« Il y a plus de 200 appels qui ont été manqués alors que notre équipe était déjà occupée. [...] Nous étudions la possibilité en ce moment de doubler les effectifs. On tente toujours d’améliorer nos pratiques », a souligné l’inspectrice Marie-Claude Dandenault, responsable de la Division de la prévention et sécurité urbaine du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). 

Selon les données des deux dernières années, l’Équipe de soutien aux urgences psychosociales (ÉSUP) a répondu en moyenne à 2100 appels annuellement, ce qui correspond à environ six par jour. 

Les chiffres sont « sensiblement les mêmes » malgré la pandémie cette année. 

L’initiative a vu le jour en 2012 sous la forme d’un projet pilote, en collaboration avec le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal. 

Au total, l’ÉSUP est composé de six policiers, dont un superviseur, et de quatre intervenants sociaux.

Peu de transports forcés

Des duos dynamiques composés d’un agent et d’un intervenant patrouillent durant le jour et le soir et vont intervenir ensemble en première ligne auprès de personnes en situation de détresse.

« On arrive là avec chacun nos spécialités, nos forces et nos visions. On prend le temps avec les gens pour faire désescalader la situation. Et souvent on arrive à convaincre la personne de se faire transporter volontairement à l’hôpital », explique le criminologue Éric Lefebvre, alors qu’une infime partie de leurs interventions se solde par un transport de force. 

Prendre son temps

Les patrouilleurs « réguliers » sont formés pour intervenir auprès d’individus en crise, mais n’ont pas toujours le loisir d’éterniser leur présence en raison des autres appels sur le territoire, ou les connaissances d’un intervenant.

« Dans notre cas, on n’a pas de limite de temps. Ça prendra le temps que ça prendra. On devient une “plus-value”. Et pour des patrouilleurs qui peuvent nous voir travailler, ça peut être très instructif, car ils apprennent de nos manières de faire », souligne l’agente Annie Fortin, qui cumule 15 ans de service.

De L’aide sans en avoir demandé

Lorsque les membres d’ÉSUP sont tous occupés, le SPVM peut aussi compter sur des travailleurs sociaux du groupe « Urgence psychosociale-justice » (UPS-Justice), qui relève du CIUSSS.

« Avec ÉSUP et UPS-Justice, chaque année, on vient permettre à 7500 personnes vulnérables qui n’avaient pas demandé de l’aide d’en recevoir, avec des équipes spécialisées pour ces situations », a fait valoir Jason Champagne, directeur des programmes santé mentale et dépendance au CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal.