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La francophobie

Loi 21
Photo Martin Alarie Affrontement Canada-Québec en vue après la pandémie ?

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La naïveté, la bonasserie et le complexe d’infériorité historique des Canadiens français, rebaptisés Québécois dans les années soixante, existent toujours. 

Les jeunes générations qui se croient affranchies de ces traits culturels ancestraux parce qu’elles parlent aujourd’hui en franglais et n’ont comme modèles de référence que des icônes étrangères, avant tout anglo-saxonnes, à leur culture sont des naïfs qui s’ignorent. 

C’est sans doute la raison pour laquelle ils se victimisent si facilement devant toute personne d’une communauté culturelle, raciale ou religieuse qui les accuse d’être des « dominateurs blancs ». 

Et pourquoi la parole de ceux se réclamant d’une identité différente aurait-elle plus de poids, plus de vérité et de pouvoir que celle des francophones nationalistes du Québec ?

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Zélotes

Pourquoi ces derniers qui se réfèrent à leurs racines distinctes sont-ils ostracisés par des zélotes à la mode, qui les repoussent dans le camp faisandé de l’extrémisme de droite ?

Dans un texte paru dans Le Devoir de mardi, Maxim Fortin, le coordonnateur de la section Québec de la Ligue des droits et libertés, s’inquiète avec raison de l’essor de l’extrême droite au Québec. Mais il fait un lien entre cette montée fascisante et la loi sur la laïcité. Cette dernière est présentement attaquée devant la Cour supérieure à Montréal par des opposants religieux, sikhs et musulmans, des orga-nismes des droits et libertés, de la Commission scolaire English--Montréal et de la Fédération autonome de l’enseignement. Rien de moins. 

Or, l’auteur du texte, étude à l’appui, parle d’une augmentation des crimes haineux liés à l’origine ethnique découlant en partie du projet de charte des valeurs (2013) et de la loi 21 sur la laïcité (2019). « Ces mesures, écrit-il, loin d’apaiser les tensions semblent plutôt exacerber les conflits au sein de la population. » Il mentionne également « le rôle joué par Québecor » (Journal de Montréal, Journal de Québec, TVA, LCN, etc.) qui aurait été le principal porte-voix des angoisses identitaires liées à l’immigration, de la crise des accommodements raisonnables à aujourd’hui. 

L’auteur enchaîne en parlant de la popularité des radios poubelles de Québec « qui explique en partie pourquoi une frange de la population est réceptive aux idées de l’extrême droite. » Voilà ! L’amalgame est fait. Et voilà pourquoi la Ligue des droits et libertés ne recule devant rien dans son acharnement diffamatoire. 

Luttes

L’on a cru que les périodes de luttes passionnelles entre Québécois, comme on les a connues entre souverainistes et fédéralistes au moment des deux référendums, n’allaient plus réapparaître après le second échec du NON en 1995.

Mais c’était sans compter sur la montée fulgurante du multiculturalisme manière Justin et son Canada postnational. Non seulement il a enterré le nationalisme canadien-anglais qui par exemple s’est manifesté contre l’ALENA, mais il a mis au monde une créature politique étrange qu’est le Canada où chacun définit ses exigences religieuses, raciales et ethniques. 

Le pays multiculturel ne peut tolérer la loi québécoise sur la laïcité. Nous voici donc obligés de prendre le rang et de nous affronter entre nationalistes québécois et fédéralistes communautaristes.

En sortant de la pandémie, le premier ministre Legault devra décider soit de céder au Canada anti-laïque soit de retrouver la lumière vacillante d’une souveraineté, à défaut de laquelle la laïcité ne pourra jamais se réaliser.