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Tuerie de l'Halloween dans le Vieux-Québec: le système de communication était défaillant le soir de l’attaque

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Le système de communication de la police de Québec a connu une défaillance le soir de l’attaque au sabre où deux personnes ont perdu la vie, le 31 octobre dernier, mais le chef de police assure que les ratés n'ont pas compromis la sécurité des citoyens.

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Le système de répartition des appels par ordinateur, la RAO, permet entre autres aux policiers d’obtenir des informations en temps réel sur le tableau de bord de leur autopatrouille. Le chef de police, Robert Pigeon, a confirmé au Journal que la RAO a connu des ratés le 31 octobre. L'information avait été dévoilée par Radio-Canada dans la matinée de vendredi. 

«Les ratés n'ont eu aucune incidence sur la sécurité de la population et sur le dénouement et le déroulement de l'opération policière proprement dite», a déclaré le chef Pigeon en entrevue téléphonique avec Le Journal, vendredi.

Le chef a indiqué que, lors de la situation d’urgence du 31 octobre dernier, les policiers avaient noté plusieurs problèmes. Les écrans dans les autopatrouilles étaient gelés. «Il y a eu certaines défaillances qui nécessitent des correctifs», a admis le chef, qui est en communication avec le service des technologies de l'information de la Ville de Québec pour «trouver des solutions». 

Les policiers ont dû se tourner vers une solution autre, soit les ondes du système SÉRAQ, où des problèmes de son ont été notés. «J'ai fait réécouter les ondes. On me confirme que la problématique n'est pas d'ordre technique. C'était relié à la très grande affluence sur les ondes. Ça s'est résorbé très rapidement.» 

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Certains policiers ont aussi utilisé leur téléphone portable pour communiquer entre eux.

Le problème de la RAO est connu depuis que ce service est implanté, en mai 2019, au coût de 7,3 millions $. Les agents de la police de Québec disent avoir fait part de cet enjeu à la direction du SPVQ il y a cinq mois. Le 24 septembre, une rencontre entre le syndicat, la direction et les TI avait eu lieu sur cet enjeu. M. Pigeon souligne que la technologie de la RAO est «largement répandue en Amérique du Nord et a fait ses preuves». La police de New York l'utilise, notamment. 

Gosselin réclame la tête de Voyer

Le chef de l'opposition, Jean-François Gosselin, était indigné, vendredi. «Je suis profondément choqué», a-t-il exprimé en conférence de presse. «La sécurité du public a été peut-être compromise. [...] Je veux que Régis Labeaume nous démontre qu’il prend la sécurité des citoyens et des policiers au sérieux.» Pour cela, le maire doit selon lui désavouer le conseiller responsable de la sécurité publique et des technologies de l'information, Patrick Voyer, et lui retirer son poste à l'exécutif. Ce dernier, estime M. Gosselin, a «carrément menti» lors du dernier comité plénier en octobre. Notons que ce plénier portait principalement sur le SÉRAQ. «Il n'y a eu aucune mention de ces problèmes pendant le plénier. On nous a dit qu'il n'y a eu aucun bris de service depuis 2019.»  

Selon le chef de l'opposition, jamais on aurait dû implanter une technologie qui n'est pas 100 % fonctionnelle. Il affirme qu'on doit suspendre le déploiement du SÉRAQ prévu au service d'incendie et au Réseau de transport de la capitale.  

Jean Rousseau, conseiller de Démocratie Québec, accuse lui aussi le maire et son administration d’avoir «menti sur la fiabilité du système de communication utilisé par le Service de police». «La situation pourrait avoir des conséquences sérieuses. Ce n’est pas du tout le portrait qui nous a été brossé lors d’un plénier tenu le 15 octobre. On nous a caché les faits. La situation est scandaleuse.» 

Il réclame maintenant que le directeur général de la Ville communique avec le chef de police «pour que ce dernier nous propose des solutions face aux ratés des systèmes communication.» 

Au cabinet du maire Régis Labeaume, on a choisi de s'abstenir de tout commentaire.  

– Avec la collaboration de TVA Nouvelles