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Un imbécile crée toute une frousse chez Ubisoft

Le faux appel terroriste a mobilisé une quantité impressionnante de policiers hier à Montréal

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L’auteur du canular qui a créé un traumatisme à Montréal hier après-midi a voulu faire croire à un attentat terroriste islamiste.

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Les employés d’Ubisoft réfugiés sur le toit ont dû lever les bras au moment de l’évacuation quand les policiers du groupe d’intervention (entouré) sont montés les secourir.
Capture d'écran, TVA Nouvelle
Les employés d’Ubisoft réfugiés sur le toit ont dû lever les bras au moment de l’évacuation quand les policiers du groupe d’intervention (entouré) sont montés les secourir.

Selon des détails de l’appel au 911 dont notre Bureau d’enquête a pris connaissance, le répartiteur a noté qu’on lui signalait la présence de cinq assaillants en apparence d’origine saoudienne dans les bureaux de la firme Ubisoft du 5505, boulevard Saint-Laurent.

Quelques instants plus tôt, à l’endroit où ont habituellement lieu les 5 à 7.
Photo Agence QMI, Mario Beauregard
Quelques instants plus tôt, à l’endroit où ont habituellement lieu les 5 à 7.

Les hommes qui s’exprimaient en français auraient demandé 2 millions de dollars, sans quoi ils menaçaient de tout faire exploser, a noté le répartiteur.

Selon nos sources, les policiers ont eu toute une frousse en apprenant cela en début d’après-midi.

Le Groupe d’intervention tactique a été appelé à intervenir dans l’un des plus gros déploiements depuis la tuerie du Collège Dawson en 2006.
Photo Agence QMI, Joël Lemay
Le Groupe d’intervention tactique a été appelé à intervenir dans l’un des plus gros déploiements depuis la tuerie du Collège Dawson en 2006.

Certains se sont remémoré les attentats perpétrés à Paris en 2015 et revendiqués par l’État islamique, qui avaient fait 137 morts.

Cagoulés... et basanés

Signe que l’alerte au 911 comportait des incongruités, la personne à l’origine de l’appel aurait mentionné que les cinq hommes avaient le teint basané, avant d’ajouter qu’ils étaient plutôt cagoulés. 

Un camion blindé devant l’entrée du bâtiment.
Photo Agence QMI, Joël Lemay
Un camion blindé devant l’entrée du bâtiment.

La centrale 911 a déterminé que l’appel provenait du numéro de téléphone général d’Ubisoft, à Mont-réal, ce qui laisse croire que l’auteur du canular se trouvait sur place.

Journalistes et curieux étaient maintenus à distance.
Photo Agence QMI, Joël Lemay
Journalistes et curieux étaient maintenus à distance.

Il n’est pas exclu que ce dernier ait utilisé un subterfuge informatique pour cacher sa localisation.

Photo Agence QMI, Joël Lemay

Quoi qu’il en soit, l’appel a créé une véritable commotion dans les bureaux d’Ubisoft, où les employés se sont barricadés dans des salles de conférence ou sur le toit de l’édifice par un froid de novembre.

Photo Agence QMI, Joël Lemay

Sur le qui-vive, la police de Montréal a déployé son Groupe d’intervention tactique, ainsi qu’un camion blindé et des chiens pisteurs.

Photo Agence QMI, Joël Lemay

On a finalement conclu à un canular après avoir passé les étages de l’entreprise au peigne fin.

Photo Agence QMI, Joël Lemay

Après de longues heures d’attente dans l’inconnu, les employés ont finalement pu évacuer les lieux par petits groupes.

Édith Cardinal, barricadée pendant l’après-midi, a fait remarquer qu’Ubisoft était « très, très bien gardé » grâce à un système de tourniquets et de cartes magnétiques.

  

  • Écoutez le témoignage d’Alexandre Sary, qui était sur les lieux lorsque les policiers ont érigé le périmètre de sécurité:   

Garderie verrouillée

Le branle-bas de combat a aussi affecté la garderie d’Ubisoft, située dans un édifice avoisinant. La porte a été verrouillée et les tout-petits ont passé l’après-midi dans le noir par mesure de précaution. 

« J’ai laissé tomber tout ce que je faisais et suis arrivé ici en courant dès que j’ai appris la nouvelle », a témoigné James Kuri, un papa qui s’est inquiété pour sa fillette de 4 ans. 

Photo Agence QMI, Joël Lemay

En raison de la pandémie, environ 20 % du personnel travaillait à partir des bureaux du géant du jeu vidéo. 

« On est chanceux qu’il n’y ait pas eu 4000 employés sur place », estime Sébastien Chaumont, un gestionnaire de production qui est parvenu à sortir du bâtiment au début de l’intervention.


♦ Signe que la menace était prise très au sérieux, des policiers se sont également rendus aux bureaux d’Ubisoft à Québec.

Si vous avez de l’information sur cette affaire contactez Félix Séguin en toute confidentialité: felix.seguin@protonmail.com et 514-618-6784 (cellulaire, Signal).