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Services en anglais: «Le temps presse»

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L’ex-ministre Louise Beaudoin se dit déçue de l’attitude des francophones sur l’île de Montréal face à l’accueil en anglais de certains magasins au centre-ville de Montréal.

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«Une majorité de francophones doit être moins molle par rapport à la question», a lancé Mme Beaudoin, vendredi, en entrevue à TVA Nouvelles.

L’ancienne députée péquiste explique ce phénomène par les nombreux départs des francophones vers les banlieues.

«On voit la situation se dégrader dans le centre-ville, mais ça se voit également partout sur l’île», a-t-elle mentionné.

Mme Beaudoin a d’ailleurs abordé la situation de la relance des marchés après la pandémie, où elle estime que la question du français doit être l’une des priorités de la municipalité.

«J’espère que ce sera une dimension qui sera prise en compte. Parce que ça compte!»

Cette dernière voit d’ailleurs une attraction de l’anglais chez les jeunes Québécois, ce qui pourrait expliquer une partie de ce phénomène. 

«L’anglais est la langue du Canada et de nos voisins américains. C’est une langue qui s’impose partout.»   

  • Écoutez l'entrevue de Simon Jolin-Barrette à QUB radio:   

«Ma génération s’est battue pour le français. C’est une question de volonté politique, qui doit se manifester et qui ne s’est pas manifestée.»

«Je crois que le gouvernement va être déterminé dans le dossier, mais le temps presse!», a-t-elle conclut.

Une situation qui fait réagir à Québec 

Les réactions politiques étaient nombreuses au lendemain du reportage de notre Bureau d’enquête sur l’utilisation du français dans les commerces montréalais. 

Près d’un établissement sur deux nous a accueillis uniquement en anglais lors d’une série de visites menées avec des caméras cachées. 

«J'ai comme eu l'impression qu'on retourne dans les années 1950, à l'époque du "Speak White", où on se faisait chicaner parce qu'on parlait en français», lance la députée Ruba Ghazal. 

Cette dernière dit que ça suffit et réclame un plan d'action spécifique pour Montréal. 

«Il va falloir que la Ville de Montréal, que le gouvernement du Québec se réveillent. Je vais leur dire: "Wake up!" Peut-être que, comme ça, ils vont se réveiller encore plus», ajoute-t-elle. 

Pour le chef du Parti québécois, c’était le choc. «Je pense qu'on est tous un peu saisis par l'ampleur du phénomène, particulièrement au niveau de l'intimidation que peut vivre un francophone», de dire Paul St-Pierre Plamondon.  

Du côté de la porte-parole libérale en matière de protection de la langue française, l’heure est grave. «Que les gens se ressaisissent. C'est une responsabilité de citoyen, c'est une responsabilité d'entreprise, c'est une responsabilité d'État aussi», affirme Hélène David.  

Le ministre responsable de l'application de la loi 101 dit prendre la situation très au sérieux. 

«Ça démontre qu'il y a une problématique, notamment sur l'île de Montréal. Ça démontre que les Québécois ont le droit d'être servis et informés en français», explique Simon-Jolin Barrette. 

Il demande aux Québécois un peu de patience. «Ça fait plus d'un an que je travaille sur le plan d'action, un plan d'action qui est costaud, et je vais m'assurer que les droits fondamentaux des Québécois soient respectés», conclut le ministre.