/opinion/columnists
Navigation

Vous n’êtes pas tannés qu’on nous prenne pour des cons?

Coup d'oeil sur cet article

Nommez-moi une personnalité de premier plan au Canada anglais qui défend, ouvertement et avec constance, la légitimité de la position québécoise en matière de laïcité.

Une seule, juste une.

Ne nous leurrons pas. Derrière les jérémiades des « pôôôvres » enseignantes brimées, ce sont deux univers mentaux qui s’affrontent, deux conceptions de la bonne société.

Et c’est David contre Goliath. Les adversaires de la loi 21 ont des moyens illimités. 

L’opération est financée par des intégristes religieux et orchestrée par les plus grands bureaux d’avocats de Toronto. 

Respect

Cette semaine, David contre-attaque.

Mettons que vous voulez que votre enfant développe son autonomie de jugement et son esprit critique.

Ce n’est pas nécessairement une hostilité à l’endroit de la religion. 

C’est plutôt l’idée qu’il fera ses propres choix religieux quand il aura l’âge de raison.

Cela porte un nom : le respect de sa liberté de conscience.

Par ailleurs, si les parents ont fait le choix de ne pas envoyer leur enfant dans une école religieuse, précisément parce qu’ils veulent autre chose, est-ce trop demander de respecter leur décision ?

Logiquement, tout cela signifie que l’enseignante n’a pas à favoriser une religion plutôt qu’une autre, ni explicitement ni implicitement.

Arrive un beau matin l’enseignante voilée.

La différence entre un signe religieux caché et un signe religieux exposé, c’est que le second est fait pour être vu, par définition, donc pour envoyer délibérément un message.

S’il ne s’agissait pas d’un message, il serait sous les vêtements ou à la maison. 

Dès lors, qu’est-ce que le hijab sinon l’expression ouverte d’un choix religieux ?

On nous prend vraiment pour des cons.

Oublions les femmes envoyées devant les médias pour nous endormir avec leur « identité » ou leur « choix » qui n’aurait rien à voir avec la religion. 

Quelle est la signification du hijab dans la logique intégriste ?

Montrer ses cheveux, dit-on, équivaudrait à exposer sa nudité. Les couvrir, c’est se montrer pudique pour ne pas exciter la convoitise des hommes autres que l’époux.

Voyez-vous la conception de l’homme implicite dans cette vision des choses ?

C’est celle d’un individu dominé par des pulsions charnelles qu’il pourrait avoir du mal à contrôler, essentiellement un mâle en rut.

Insultant et réducteur, dites-vous ?

Si le hijab n’a pas de signification religieuse, s’il n’est que « décoratif », pourquoi ce refus obstiné de l’enlever pendant quelques heures ?

Compromis ?

Les « bon-ententistes », les « j’aime-pas-la-chicane », si nombreux au Québec, diront souhaiter un compromis.

Le compromis est déjà dans la loi 21, un strict minimum.

Ses adversaires ne veulent aucun compromis : ils veulent son éradication. 

Ils veulent la liberté absolue de promouvoir un programme politico-religieux à rebours de tout ce que le Québec cherche à ériger depuis plus d’un demi-siècle.

Je parle de respect depuis le début. 

Les naïfs ou les manipulateurs demanderont peut-être : et le respect de l’enseignante voilée ?

Rappelons une autre évidence : l’école existe pour les enfants, pas pour les profs, libres de s’habiller comme elles le veulent partout ailleurs.