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C’est pour quand chez le CH?

Danièle Sauvageau
Photo courtoisie Danièle Sauvageau a offert, il y a plusieurs années, ses services à trois équipes de la LNH, dont le Canadien.

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L’Institut américain pour la diversité et l’éthique dans les sports a accordé en 2018 une note de C aux ligues majeures de baseball (MLB) en raison de la faible représentativité des femmes dans le domaine de ses opérations sportives.

Mais les Marlins de Miami viennent de frapper un grand chelem en faisant de Kim Ng (la prononciation est ANG) la première directrice générale d’une organisation sportive nord-américaine pour athlètes masculins.

On peut dire que c’est une année faste pour les femmes dans ce domaine. En avril dernier, Florence Schelling, une ancienne gardienne de but qui a évolué avec les Stars de Montréal, est devenue la première directrice générale d’une équipe de la Ligue nationale suisse, en l’occurrence le CP de Berne, qu’a déjà dirigé Guy Boucher.

Le 27 septembre dernier, lors d’un match de la NFL entre Washington et Cleveland, on retrouvait une femme de chaque côté au sein du personnel d’entraîneurs adjoints.

La Montréalaise Catherine Raîche, autrefois des Alouettes et des Argonauts de Toronto, est coordonnatrice aux opérations football et du personnel des joueurs chez les Eagles de Philadelphie.

Elles sont 25 dans la LNH

La NBA compte une dizaine d’entraîneures adjointes.

La Ligue nationale de hockey n’est pas en reste avec 25 femmes qui vont de propriétaires (Kim Pegula à Buffalo et Susan Samueli à Anaheim) à recruteurs ou analystes en statistiques avancées.

Mais une seule, en l’occurrence Hayley Wickhenheiser, travaille sur la patinoire à titre d’adjointe au directeur du développement des Maple Leafs de Toronto, qui est nul autre que Stéphane Robidas.

Ces dames sont réparties entre une quinzaine d’équipes, mais le Canadien n’est pas du nombre. Je comptais discuter de la question avec Marc Bergevin dans un reportage que je préparais déjà sur le sujet avant la nomination de madame Ng, mais il est en vacances.

Changer les mentalités

J’ai pu toutefois joindre, au cours des derniers jours, l’ancienne entraîneure Danièle Sauvageau et l’ancienne joueuse Danielle Goyette. Vous pourrez lire ces entrevues prochainement.

Sauvageau a offert, il y a plusieurs années, ses services à trois équipes de la LNH, dont le Tricolore.

« Dans chaque cas, elles m’ont dit qu’elles n’étaient pas prêtes pour ça », dit-elle.

« Leur réponse était aussi transparente que je le raconte. C’est vrai qu’il est difficile de changer les mentalités, mais on se cache beaucoup derrière ça. Ça prend des actions claires.

« Personne ne va me dire qu’une femme n’est pas capable de faire le travail d’un homme en matière de coaching. Du hockey, ça demeure du hockey tant pour les hommes que pour les femmes. »

Sauvageau a été la première femme à occuper un poste d’entraîneure adjointe dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec avec le Rocket de Montréal. Le poste lui avait été offert par Serge Savard, pas le fils, mais l’ancien grand défenseur et ancien directeur général du Canadien.

« On disait que c’était un stunt publicitaire, mais je me fichais complètement de ce qu’on pouvait dire. J’enseignais aux jeunes sur la patinoire. C’est ce que je voulais. »

Pas pour la vitrine

Danielle Goyette finissait d’aiguiser des patins quand je l’ai jointe à Calgary. C’est comme ça qu’on dirige une équipe universitaire féminine. On fait tous les métiers.

Elle a poussé un gros « wow ! » en apprenant la nomination de Kim Ng.

Et toi, Danielle, la LNH, ça t’intéresserait ?

« C’est sûr ! » a-t-elle répondu.

« La Ligue nationale, c’est le top du top. J’ai grandi avec le Canadien et, quand tu es du Québec, il n’y a pas grand-monde qui n’aimerait pas travailler pour cette équipe. »

Mais elle mettrait les choses bien au clair avant. Elle n’embarquerait pas pour se contenter d’un rôle de figurante.