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Des jeunes se portent à la défense du français

Dossier: La langue Française
Photo Chantal Poirier Emma-Félix Laurin, Sabrina Mercier-Ullhorn, Catherine Brassard ont lancé une pétition pour dénoncer l’anglicisation de Montréal.

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L’importance du bilinguisme a été tellement prônée dans les dernières années, qu’aux yeux de certains jeunes, l’anglais est sur un pied d’égalité avec le français, déplorent les instigatrices d’une pétition pour renforcer l’usage du français.

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Les porte-parole d’Accent Montréal ont lancé une pétition en ligne pour renforcer le statut de la langue française dans la métropole. 

Elles ne mâchent pas leurs mots en faisant référence à la présence de l’anglais dans les commerces.  

« C’est extrêmement choquant », dit Sabrina Mercier-Ullhorn, traductrice de profession. 

Le concept d’être bilingue apparaît très tôt dans notre vie, fait remarquer Emma-Félix, étudiante à l’UQAM. Les cours d’anglais débutent au primaire et dans certains cas, ils se poursuivent jusqu’aux études postsecondaires, enchaîne-t-elle. 

« On a été programmés à apprendre l’anglais [...], à se faire dire que ça va changer notre vie [...], qu’on en a besoin pour un emploi. », explique l’étudiante. 

Changer le message

Lorsqu’on martèle ce message pendant plusieurs années, on peut comprendre que certains jeunes acceptent de se faire servir en anglais dans des commerces et restaurants, pensent les deux co-porte-parole.  

  • Écoutez la perésidente du mouvement Québec français Sophie Stanké avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:  

Il faut également souligner que les jeunes n’ont pas connu les grands combats pour la langue, dit Sabrina Mercier-Ullhorn. 

« On oublie que le français est une langue minoritaire en Amérique du Nord », mentionne-t-elle.

D’ailleurs, l’ouest du centre-ville de Montréal héberge le Collège Dawson et deux universités anglophones, McGill et Concordia. 

Frédéric Lacroix, chercheur et auteur, souligne que les étudiants fréquentant un cégep ou une université anglophone utilisent beaucoup moins le français dans les commerces que les étudiants qui font des études supérieures en français.

Pour Stéphane Drouin, directeur général du Conseil québécois du commerce de détail, il est normal que la grande communauté étudiante anglophone du centre-ville veuille travailler dans les commerces de proximité, ce qui explique la prédominance de l’anglais dans ces établissements.


Les instigatrices de la pétition d’Accent Montréal demandent la création d’un Conseil montréalais de la langue française. Celui-ci pourrait « étudier la question de l’exode des francophones » de la métropole.