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Éthiopie: les autorités du Tigré revendiquent le tir de roquettes sur l’Érythrée

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Le président de la région éthiopienne dissidente du Tigré a revendiqué, dimanche, les tirs de roquettes qui ont frappé, la veille, la capitale de l’Érythrée frontalière, accusant à nouveau l’armée d’Asmara d’aider l’armée éthiopienne qui combat les forces du Tigré. 

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«Les forces éthiopiennes utilisent, elles aussi, l’aéroport d’Asmara» pour faire décoller les avions qui bombardent le Tigré, ce qui en fait «une cible légitime», a déclaré à l’AFP Debretsion Gebremichael, accusant en outre une nouvelle fois l’armée érythréenne d’être engagée dans des combats au sol au Tigré, région du nord de l’Éthiopie.

Plusieurs roquettes ont frappé, samedi, les abords de l’aéroport d’Asmara, ont indiqué dans la nuit à l’AFP deux diplomates basés à Addis-Abeba, sans pouvoir faire état d’un bilan humain ou d’éventuels dégâts.

Les autorités érythréennes n’ont pas réagi dans l’immédiat.

«C’est un secret de polichinelle que les deux dirigeants», Abiy Ahmed (de l'Éthiopie) et Issaias Afeworki (de L'Érythrée), «utilisent cet aéroport pour déployer des forces de l’autre côté de la frontière» entre l’Érythrée et le Tigré «et nous attaquer», a-t-il ajouté.

Samedi, le Commandement des forces du Tigré avait accusé l’Érythrée de prêter main-forte à l’armée fédérale éthiopienne en laissant son aviation décoller du territoire érythréen, mais aussi en intervenant militairement dans les combats au Tigré.

Les troupes du Tigré «combattent les forces érythréennes depuis quelques jours sur plusieurs fronts», a répété dimanche le président de la région, des affirmations qui ne peuvent être vérifiées de source indépendante, en raison du black-out imposé à la région et des restrictions de déplacement des journalistes.

L’Érythrée est l’ennemi juré du Front de libération des peuples du Tigré (TPLF), parti qui dirige la région du Tigré et a contrôlé durant presque 30 ans l’appareil politique et sécuritaire en Éthiopie.

Les tirs contre Asmara sont une escalade majeure dans le conflit au Tigré, dont de nombreux observateurs craignent non seulement qu’il entraîne l’Éthiopie, deuxième pays le plus peuplé d’Afrique (100 millions d’habitants) et mosaïque de peuples, dans une guerre communautaire incontrôlable, mais aussi qu’il déstabilise toute la région de la Corne.

Éthiopie et Érythrée se sont affrontées dans une guerre meurtrière entre 1998 et 2000, à l’époque où le TPLF était tout-puissant à Addis-Abeba. Les deux pays sont restés à couteaux tirés jusqu’à ce que Abiy Ahmed devienne premier ministre en 2018 et fasse la paix avec Asmara, ce qui lui a valu le prix Nobel en 2019.

M. Abiy a lancé, le 4 novembre, une opération militaire au Tigré pour y installer des «autorités légitimes», après des mois de tensions avec le TPLF, qu’il a progressivement écarté, ces dernières années, du pouvoir à Addis-Abeba.