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Toronto: multiculturalisme, violence et apartheid

Toronto: multiculturalisme, violence et apartheid
Photo d'archives, Toronto Sun

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Toronto est l’incarnation du multiculturalisme canadian propagé par les Trudeau de père en fils. La majorité des Torontois s’identifient comme appartenant à des minorités visibles, alors qu’ailleurs au Canada c’est le cas pour 22% des Canadiens. On y retrouve un plus grand nombre d'individus ayant comme langue maternelle le chinois (mandarin et cantonais), le tagalog, le tamil et le créole jamaïcain que le français: le Montréal de demain.
 

Il devrait y régner la bonne entente entre les différentes races, cultures et religions, vivant une harmonie canadienne exemplaire dans le respect scrupuleux de leur diversité. Voyons donc la réalité.
 

À Toronto, la ségrégation raciale de facto se compare à celle de grandes villes américaines. Les minorités visibles sont regroupées dans les quartiers pauvres, tandis que la minorité blanche domine les quartiers riches. Je reviens sur l’apartheid torontois plus loin.
 

La violence par armes à feu est un problème endémique croissant dans la plus grande ville du Canada. En 2018, le taux d’homicides à Toronto a dépassé celui de New York.
 

L’année dernière a été la pire, avec le plus grand nombre de fusillades jamais répertorié à Toronto. En 2019, plus de 760 Torontois ont été atteints par des projectiles d’arme à feu, le triple du nombre de victimes par balle dans la ville en 2014. Le 19 octobre 2020, les statistiques de la police révélaient qu’il y avait eu 409 fusillades depuis le début de l’année. L’année dernière, la ville a connu un record de 492 fusillades.
 

Les ghettos urbains où les personnes racisées sont conglomérées se caractérisent par la pauvreté, la drogue et la criminalité. Les jeunes hommes, membres de gangs de rue, y entrent souvent en conflit armé pour des raisons liées à leurs activités illégales. Le chef de police démissionnaire de Toronto, Mark Saunders, estime qu’il y a dans sa ville plus de 100 gangs criminels.
 

Récemment, une guerre entre gangs a causé la mort d’un garçonnet de 12 ans. Le différend, dans lequel trois autres personnes ont aussi été abattues, semble lié au meurtre du rappeur jamaïcain Jahvante Smart, 21 ans, alias Smoke Dawg, du quartier Regent Park. C’est un quartier pauvre habité par des minorités visibles, des réfugiés, des immigrants et des autochtones. Il connaît un taux élevé de violence, de criminalité et de toxicomanie. Jusqu’ici, en 2020, le quartier a été la scène de 82 fusillades.
 

En rapport avec le meurtre de Smart, la police de Toronto a émis un avis de recherche contre un autre rappeur, Rowen Atkins, alias Rolexx Homi. On lui reproche d’avoir incité ses abonnés Instagram à tirer sur tous les résidents de Regent Park qu’ils rencontrent, un secteur contrôlé par un gang adverse. Sa vidéo gangsta rap s’intitulait AvengersK ou Avengers Killers (tueurs vengeurs).
 

Au moins cinq rappeurs torontois ont été abattus entre décembre 2019 et mai 2020. Serait-ce la conséquence d’appropriations culturelles interdites entre bandes rivales? Le gangsta rap est un genre musical hip-hop, dont les thèmes sont la drogue, la haine de la police, la prostitution et l'argent. On y chante que la voie royale vers la richesse et la notoriété passe par le trafic de stupéfiants, le proxénétisme et les meurtres commandités.
 

Toronto est une ville racialement stratifiée. Le Pr David Hulchanski de l'Université de Toronto et son équipe ont montré dans une étude le caractère discriminatoire de l'inégalité croissante des revenus dans la ville en fonction de l’origine raciale. À l’aide du recensement de 2016, lui et son équipe ont calculé que 48% des secteurs de recensement de Toronto sont dans des quartiers à faible revenu. Plus de 68% des résidents de ces quartiers appartiennent à des minorités visibles.
 

Au moins 73% des habitants des quartiers riches sont blancs, bien qu’ils constituent maintenant moins de la moitié de la population de la ville. Seulement 3% des résidents des quartiers à revenu élevé sont des Noirs. Plus de 200 000 personnes à Toronto s'identifient comme noires, dont plus de 150 000 Jamaïcains.
 

Voilà le portrait de la ville que les médias et les donneurs de leçons du Canada anglais voudraient que Montréal imite.