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Dustin Johnson impérial

L’Américain enfile le veston vert du Tournoi des Maîtres

L'Américain Dustin Johnson
Photo AFP L'Américain Dustin Johnson

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AUGUSTA | La rédemption de Dustin Johnson est maintenant chose du passé. Dimanche après-midi, l’Américain a enfin chassé ses vieux démons en terminant la tâche de brillante façon. Grâce à une performance impériale au Tournoi des Maîtres, il a enfilé le fameux veston vert et écrit son nom dans le glorieux livre des records de ce prestigieux tournoi. 

D’un champion à un autre, Tiger Woods a aidé Dustin Johnson à enfiler le traditionnel veston vert remis au vainqueur du prestigieux Tournoi des Maîtres.  En mortaise, il accepte le trophée du gagnant qui est une réplique en argent du pavillon central  de l’Augusta National.
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D’un champion à un autre, Tiger Woods a aidé Dustin Johnson à enfiler le traditionnel veston vert remis au vainqueur du prestigieux Tournoi des Maîtres. En mortaise, il accepte le trophée du gagnant qui est une réplique en argent du pavillon central de l’Augusta National.

Jamais un golfeur n’était plongé sous la barre des 20 coups retranchés à la normale en 83 ans d’une riche histoire. DJ y est parvenu en signant une carte finale de
68 (-4), devançant Cameron Smith et Sungjae Im par cinq coups. 

Celui qui a grandi à 120 km de l’Augusta National, à Columbia en Caroline du Sud, a réalisé un véritable rêve. À l’entraînement, plus jeune, il s’imaginait dans un moment semblable. Il ne compte plus les fois où il a forcé le gérant du champ de pratique à fermer les lumières plus tard, comme il était le dernier à quitter les lieux en fin de soirée. 

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Depuis 2015, il n’avait jamais été exclu du top 10. L’an dernier, il avait pris le deuxième rang derrière Tiger Woods. 

Et c’est ce même Woods, codétenteur du meilleur score (-18) en compagnie de Jordan Spieth, qui lui a enfilé le veston vert dans la Butler Cabin. Une pièce de collection d’une grandeur 42+ pour l’athlète de 6 pi 4 po.

Cette grande victoire survient également trois semaines après que le meilleur golfeur mondial eut combattu le virus qui a changé le monde en 2020, la COVID-19. 

Enfin

DJ, 36 ans, a donc ajouté une deuxième conquête majeure à son palmarès après celle de l’Omnium des États-Unis, à Oakmont, en 2016. À ce moment, il n’était pas le meneur à l’issue de 54 trous. 

Cette fois, à l’aube de la ronde finale, c’était la quatrième fois qu’il était installé sur le trône. Il n’avait toutefois jamais complété sa besogne dans une bataille personnelle qui l’a drainé émotivement. 

« J’ai prouvé que je peux y arriver en détenant cette avance dans un tournoi majeur, spécifiquement dans des conditions difficiles. J’en suis capable. Je savais que les gens doutaient de moi, car j’ai été souvent dans cette position dans le passé. Je me questionnais [à savoir] quand je pourrais finir le travail. » 

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La gorge nouée

Dans les entrevues après sa consécration, le nouveau champion a fréquemment craqué. Habituellement solide et stoïque, il n’avait jamais laissé paraître ses sentiments. Pas cette fois. On l’a vu faire des pauses dans ses réponses, la gorge nouée et les yeux rougis.

« J’ai grandi si près d’ici. Depuis que je suis devenu professionnel et depuis ma première présence ici, en 2009, j’ai toujours souhaité [remporter] le Tournoi des Maîtres, a expliqué l’auteur d’une carte finale de 68 (-4), la meilleure de la journée à égalité avec trois autres golfeurs. 

« J’étais si près dans les dernières éditions, a enchaîné le golfeur. Je voulais vraiment cette victoire. En début de journée, je savais que ce ne serait pas une tâche facile. Je devais bien jouer pour gagner. J’ai réussi à mieux faire, surtout à partir du septième fanion. J’ai offert du golf solide avec plusieurs bons coups, malgré cette nervosité ayant duré toute la journée. »

En contrôlant sa balle dans des conditions venteuses en après-midi, il est parvenu à rentrer au pavillon avec six oiselets. Il a maîtrisé ses bois, ses fers et son fer droit sur des surfaces plus rapides. « Il fallait être très attentif sur le parcours, car il y avait des situations délicates », a précisé le champion.

Victoire d’équipe

Il y a longtemps que Johnson est épaulé par son frère Austin qui agit à titre de cadet. Cette consécration en est aussi une d’équipe. Ils partagent tous les exploits et toutes leurs déceptions.

Il n’a pu aussi s’empêcher de penser à ses enfants, Tatum et River Jones, qu’il était impatient de serrer dans ses bras en rentrant à la maison. Ils sont la raison pour laquelle il ne ralentira pas la cadence. 

À en croire ses paroles, il vise au moins trois vestons verts, rien de moins. Il compte déjà 26 victoires professionnelles en carrière, dont au moins une par année depuis 2008.  

« Je rêve de gagner plusieurs championnats majeurs. C’est un objectif. »