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Un musée sur les «cageux» flotte dans l’air

Cage en bois équarri vers 1900 sur la rivière des Outaouais à la jonction de la rivière Gatineau.
PHOTO COURTOISIE/Musée McCord Cage en bois équarri vers 1900 sur la rivière des Outaouais à la jonction de la rivière Gatineau.

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Un groupe de passionnés poursuit son travail de longue haleine pour mettre sur pied un musée qui retracera l’histoire forestière de l’Outaouais avec comme figures de proue les «cageux», dont le célèbre Jos Montferrand.

Le projet occuperait une surface de 120 000 pieds carrés dans les édifices de l’ancienne usine E. B. Eddy, situés en bordure des chutes des Chaudières à Gatineau. C’est à cet endroit que se trouvait un glissoir où transitaient les courageux raftsmen (cageux).

Des hommes en train de cager un train de bois vers la fin du XIXe siècle dans la Haute-Gatineau (Pontiac).
COURTOISIE/Collection Parc Algonquin
Des hommes en train de cager un train de bois vers la fin du XIXe siècle dans la Haute-Gatineau (Pontiac).

La rivière des Outaouais est alors, au début du XIXe siècle, le siège du plus grand chantier de bois au monde grâce aux riches pinèdes des vallées environnantes.

Cages

L’idée est lancée par Philemon Wright en 1806. L’habileté et le savoir-faire des travailleurs de l’époque permettent de réunir une centaine de radeaux pour former une «cage», véritable île flottante en bois équarri mesurant 500 mètres sur 60 mètres.

À bord de chacune des cages, cinq hommes, nommés les raftsmen (cageux), parcouraient pendant deux mois 250 milles marins jusqu’à Québec pour livrer les précieux matériaux destinés à l’Europe.

Au sein du musée, le pavillon Jos-Montferrand, célèbre homme fort et maître des cages, sera le premier au monde dédié à ces marins atypiques.

Revitalisation

Les planificateurs du complexe baptisé «Musée fluvial Philemon-Wright», soit la firme ABC Stratégies, souhaitent contribuer à la revitalisation post-COVID du centre-ville de Gatineau en empruntant au modèle du Distillery District de Toronto, qui a pris son envol après le SRAS en 2003.

«Gatineau, autrefois nommée Hull, se voulait à cette époque le centre névralgique de l’industrie forestière. Il importe de préserver cette riche histoire», a souligné avec enthousiasme le chef de projet, Alexandre Pampalon.

Le musée comptera à terme des centaines d’œuvres et d’artéfacts, des expositions multimédias et interactives, ainsi que des reproductions grandeur nature, tant sur les cageux que sur les autochtones ayant occupé les lieux pendant des siècles.

Le projet verra le jour par étapes sur une période de 10 ans avec, comme point de départ, la restauration des bâtiments patrimoniaux. L’enveloppe budgétaire prévue s’établit à 65 millions $, puisée à même des fonds publics et privés.