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Une leçon du vétéran Langer

Le vétéran golfeur a déjoué tous les pronostics à ce Tournoi des Maîtres

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Photo AFP La rencontre de deux générations de golfeurs : Bernhard Langer observe le jeune Bryson DeChambeau.

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AUGUSTA | À 63 ans, le vétéran Bernhard Langer a livré une véritable leçon de courage, de travail et de constance aux jeunes loups professionnels. Le double champion du Tournoi des Maîtres a même défié les statistiques. 

Alors que la puissance a la cote depuis quelques années et surtout depuis la transformation de Bryson DeChambeau au printemps, l’Allemand a rappelé que les muscles ne suffisent pas sur l’Augusta National. 

Devenant d’abord le golfeur le plus âgé à résister au couperet, le champion des éditions 1985 et 1993 a répondu en partie à la question de la semaine au Tournoi des Maîtres. La puissance peut-elle l’emporter sur la finesse et la précision sur ce mythique parcours long de 7475 verges qui est à la croisée des chemins ?

Les dieux du golf ont certainement voulu passer un message en ronde finale, dimanche. Dans un trio marqué par le choc des générations, Langer était jumelé à la nouvelle coqueluche de l’univers golfique, Bryson « King Kong » DeChambeau. 

Le jeune golfeur de 27 ans de 240 livres a affronté, l’instant de quatre heures, le « grand-papa », droit comme un chêne, pesant 160 livres bien comptées. 

Le meneur quant à la distance moyenne des coups de départ, 324,4 verges, n’a pas fait le poids devant celui qui a pris le dernier rang à ce chapitre, en vertu de sa moyenne de 260 verges. 

Avec un taux de précision de 87,5 % depuis les tertres, Langer a fait la barbe au jeunot musclé.

L’expérience à Augusta ne s’achète pas. Au final, il l’a coiffé par un coup en prenant le 29e rang grâce à un dossier cumulatif de -3. 

Au cœur de la tempête

Bernhard, impressionné par la nouvelle sensation ? 

« J’étais au beau milieu de la tempête. J’ai ainsi l’expérience des plus longs cogneurs au monde. C’est incroyable. Le jeu est différent », a-t-il lâché après sa ronde finale de 71 (-1) également meilleure que celle de 73 (+1) de DeChambeau.

« Normalement, je me concentre sur mon jeu. Je ne me préoccupe pas de ce qui se passe autour, mais aujourd’hui [dimanche], j’ai quelques fois joué les spectateurs. Juste le voir s’élancer et cogner la balle avec autant de puissance, je crains. Je me suis souvent répété d’arrêter de le regarder faire. C’est toutefois agréable et fascinant. »

Preuve que les deux athlètes jouent l’un et l’autre à l’opposé du spectre, quand DeChambeau utilisait un fer court pour attaquer les fanions, Langer avait souvent un long bâton en main.

« Je crois que j’ai frappé six fois un bâton hybride et trois fois un bois 3 dans mes seconds coups sur les normales 4. Ce n’est pas agréable, mais c’est la vie », a souligné l’homme aux 107 titres en carrière. 

Question stratégique

L’un des exemples les plus frappants d’une stratégie si différente est survenu au 3e fanion du « Flowering Peach », une courte normale 4 de 350 verges. 

DeChambeau a atteint le vert depuis les tertres. Langer a quant à lui placé sa balle à 116 verges de l’objectif pour ensuite caler un roulé d’une douzaine de pieds, bon pour l’oiselet. Son rival a effectué trois roulés en inscrivant la normale.

« J’ai frappé trois très bons coups, a-t-il rappelé. En plaçant sa balle sur le tablier du vert, Bryson avait un roulé extrêmement rapide à contrôler. Il est resté bien à court de la coupe. Son coup de départ n’a servi à rien, car il a fait trois roulés. »

De son avis, Langer n’avait jamais négocié un aussi long terrain au Tournoi des Maîtres. Les conditions de jeu détrempées durant la semaine l’ont évidemment rallongé. 

Peu importe, il s’est encore amusé. 

Sa précision et la maîtrise de son jeu court ont grandement collaboré à sa belle performance. 

Il regarde déjà vers avril. 

Dans le calepin...   

  • Corey Conners a réussi ce qu’aucun Canadien n’avait réussi depuis Mike Weir en 2005, dernier moment où le champion du Masters 2003 avait réalisé la dernière grande performance de l’unifolié en terminant au cinquième rang. Grâce à sa fiche cumulative de -9, le jeune Ontarien de 28 ans qui a conclu avec une carte de 69 s’est hissé dans le top 10. Il a ainsi reçu son invitation à la prochaine édition du Masters en avril. « C’est l’endroit où tu veux être chaque année. Si tu y es présent, c’est que tu as réussi à accomplir plusieurs belles choses. C’était ma troisième participation. C’est excitant et je ne peux qu’espérer participer à ce tournoi plusieurs fois à l’avenir. »  
  • À son baptême de feu, le Canadien Nick Taylor a également bien fait alors qu’il a pris le 29e rang dans une quintuple égalité à -3. En ronde finale, il a joué avec les vétérans Justin Rose et Louis Oosthuizen en signant une carte de 72. « Mon jeu s’est amélioré chaque jour. Ce n’est pas uniquement le score qui importe, mais la qualité des coups. J’ai réussi à survivre au couperet alors que je croyais faire mes valises vendredi soir. Je suis très content d’y avoir résisté et d’avoir pu jouer avec Mike Weir en troisième ronde. C’était spécial et j’ai réalisé ma meilleure performance. C’est une semaine très satisfaisante. » 
  • En trébuchant en ronde finale, Mike Weir a dégringolé au bas du tableau, au 51e échelon à +2.  
  • Avec les conditions réceptives de novembre sur le parcours durant la totalité du tournoi, les golfeurs en ont profité pour établir de nouvelles marques au livre des records. Ainsi, il s’est inscrit 152 rondes sous la normale, battant la marque de 145 en 1992. Les 53 scores écrits à l’encre rouge en première ronde, un sommet, ont changé la donne. Au tableau final, 43 joueurs ont présenté une fiche cumulative inférieure à la normale.  
  • À cette édition 2020, le score moyen de 71,75 coups est également un record. Le précédent (71,85) n’était vieux que de 2019.