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Une semaine à travailler pour Uber Eats

Notre journaliste s’est glissé dans la peau d’un livreur pour mieux comprendre les avantages et les défis

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Uber a reçu le feu vert pour se déployer dans toutes les villes du Québec depuis que la nouvelle loi concernant le transport rémunéré de personnes par automobile est entrée en vigueur le mois dernier.

Déjà, à Sherbrooke et à Trois-Rivières, le service de livraison de nourriture Uber Eats est disponible, en plus du transport de personnes. Pour se développer, ces services déjà très populaires à Montréal ont besoin d’une nouvelle flotte de conducteurs. Quels sont les défis de cet emploi? Est-ce que c’est payant? On a tenté pendant une semaine d’être coursier pour Uber Eats à Montréal, là où le marché est le plus effervescent, pour en avoir le cœur net.

Se prendre d’avance pour s’inscrire

La première leçon est venue avant même de commencer à conduire: il faut s’y prendre à l’avance afin d’être chauffeur pour Uber.

L’inscription à la plateforme requiert plusieurs pièces d’identité et beaucoup de paperasse liée au véhicule, et chaque envoi mal fait retarde notre admission. Vient ensuite la vérification d’antécédents judiciaires.

Au total, les démarches de notre journaliste se sont étalées sur une durée d’environ trois semaines.

Objets essentiels à apporter avec soi

Voici quelques objets qui deviennent rapidement essentiels quand on est coursier pour Uber Eats:   

  • Une batterie portative parce que «l’application» de chauffeur vide rapidement la charge de son téléphone;   
  • Un lunch complet pour éviter de devoir se mettre hors ligne lors des heures d’achalandage élevé;   
  • Une bonne paire de souliers ou de bottes pour affronter le dédale de trottoirs, de planchers de restaurants et d’escaliers d’immeubles à logements.      

Il faut être rusé pour que ce soit payant

Pour faire de l’argent avec Uber, il faut être stratégique. Quelqu’un qui veut en vivre à temps plein doit savoir qu’il y a des plages horaires qui ne sont pas très rentables (et qui peuvent être plutôt ennuyeuses), et d’autres qui sont beaucoup plus payantes, comme les vendredis, les samedis et les dimanches.

Notre journaliste a connu sa pire journée le mercredi, en ayant amassé l’équivalent de 12$ l’heure, alors qu’il a réussi à obtenir un taux horaire de 25$ le vendredi. En moyenne, sur une semaine, il a amassé 16$ l’heure.

Ces montants tiennent compte de l’essence utilisée, mais pas des frais d’usure de la voiture, qui s’accumulent avec le temps.

Avec plus d’expérience et en faisant plus d’heures lors des journées les plus payantes, il serait possible de faire davantage que 16$ l’heure en étant coursier pour Uber Eats dans la grande région de Montréal.

Des commandes bizarres

Certaines commandes reçues étaient carrément bizarres. Une cliente qui a demandé des œufs d’un restaurant situé à plus de 40 min de chez elle a probablement dû les manger froids. À l’opposé, un homme voulait un plat d’un resto asiatique ayant pignon sur rue à 100 m à peine de son domicile. Un imbroglio involontaire avec une commande a même mené à ce que notre journaliste puisse manger le repas!

Le fast-food est populaire

Après une semaine de livraison, notre journaliste a constaté que la restauration rapide est la plus populaire auprès des clients de l’application. Les commandes pour des salades ou encore des repas gastronomiques sont peu nombreuses. En tête du palmarès, la pizza est indélogeable.

Rester zen malgré les détours et les cônes

Montréal a beau être en zone rouge, c’est toujours la couleur orange qui domine dans le paysage urbain, avec tous les cônes et les panneaux qui indiquent des chantiers.

Les détours, les voies à sens unique et les routes interdites ont testé la patience de notre journaliste, tout particulièrement au centre-ville et près du boulevard Pie-IX, dans Montréal-Nord.

Il lui a parfois fallu marcher plusieurs centaines de mètres entre sa voiture et l’adresse où livrer la commande, en raison du manque de stationnement.

Les enjeux liés à la circulation et au stationnement ne sont évidemment pas les mêmes dans chaque ville du Québec: on gage que les bouchons sont beaucoup moins dérangeants autour du McDonald's de Sherbrooke qu’autour du Five Guys au centre-ville de Montréal.