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Vaccins: aplanir la peur

Hands with vaccine bottle
Photo Adobe Stock

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Je me souviens... Quand j’étais enfant à Douala, dans mon quartier, il courait beaucoup de rumeurs. Certaines étaient drôles, et d’autres, moins... L’une des moins réjouissantes disait que si on vous vaccine, vous allez perdre votre mélanine, votre défense naturelle contre les rayons ultraviolets : « vous allez devenir blancs ! » Cette rumeur nous effrayait.

Depuis, j’ai moult fois été vacciné ; notamment contre la fièvre jaune, la polio, le tétanos, la diphtérie, la typhoïde, la méningite, l’hépatite ou encore la grippe. Il y a très longtemps que je me suis réconcilié avec les vaccins. Et, à l’évidence, le risque de mutation qui nous effrayait tant ne s’est jamais matérialisé. En effet, un demi-siècle plus tard, je ne suis pas devenu blanc !

Confusion, méfiance et défiance

Face aux cafouillages de l’OMS et aux multiples contradictions au sein même des milieux scientifiques à travers le monde, le doute s’est installé et la confiance s’est effritée. Et aujourd’hui, dans une frange importante de la population locale et mondiale, la simple évocation du mot vaccin suscite le doute, la peur ou la terreur.

Les médias sociaux, alimentés par une diversité de sources, font leur part de dégâts. Plusieurs jouent les pyromanes avec une belle assurance, partout sur la planète. Il n’y a pas de frontières sur la Toile...

Le politique devrait donc conséquemment prendre en considération la confusion, le désarroi et le stress croissants instillés par tous ces facteurs. Il doit y répondre de façon tangible et intelligible ; notamment dans l’attente d’un vaccin salvateur.

À défaut de cela, quand viendra le temps de la campagne de vaccination, la méfiance et la défiance seront grandes, incontrôlables, voire « contagieuses ».

Covid-19 persistante

À l’aulne de l’information scientifique disponible, j’ai le sentiment que nous sommes partis pour cohabiter avec la COVID-19 et ses variantes encore longtemps. Et il est probable que les premiers vaccins ne soient pas la réponse absolue et définitive à ce fléau.

Mais s’ils sont efficaces, ils seront des solutions de répit qui nous permettront de souffler et de reprendre le dessus pendant un certain temps sur un moral collectif très affecté.

Rassurer, un impératif

Qu’adviendra-t-il si la campagne de vaccination n’est pas optimale ?

Nous n’aurons pas de répit. Le virus maintiendra son tempo circulaire et ses dérives parmi nous. Ainsi, le seul bouclier contre lui demeurera alors le « protocole » basé sur la distanciation physique, le masque, le lavage des mains, les tests et l’isolement. Hélas !

Il faut rassurer. C’est un impératif. S’il le faut, l’État devrait se porter garant de ses options de vaccins, voire prendre l’engagement de poursuivre les laboratoires si, d’aventure, il y avait des effets secondaires handicapants, comme le suggèrent les sceptiques.

Répondre dans une approche pédagogique à la confusion et à la peur, sans faux-fuyants et en totale transparence. 

Tel est le défi.