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Environnement: le travail à moitié fait

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Le plan « vert » présenté par la CAQ hier a cela de bon qu’il vient détourner la conversation à propos de la COVID-19.

L’annonce, en pleine fin de semaine, de la fin de la vente des voitures à essence en 2035 fait sourire les environnementalistes, mais elle n’est pas suffisante pour qualifier le plan d’ambitieux.

Transport, transport, trafic !

C’est vrai, les transports sont responsables de 43 % des émissions de gaz à effet de serre. Mais les mesures proposées par le gouvernement dans ce secteur n’ont rien d’exceptionnel, elles se retrouvaient presque toutes dans la Politique de mobilité durable présentée en 2018 sous le gouvernement libéral.

Faire passer le nombre de véhicules électriques de 80 000 aujourd’hui à 1,5 million en 10 ans, est-ce vraiment réaliste ? Soyons ambitieux, direz-vous. Alors, pourquoi ne pas aussi miser davantage sur la réduction même du nombre de voitures sur nos routes ? Parce qu’on n’est pas dans le trafic, on EST le trafic !

Or, si le gouvernement de la CAQ ne s’engage pas fermement sur ce terrain, c’est peut-être parce que son électorat se trouve principalement en région et en banlieue, là où l’auto solo et la grosse cylindrée sont reines.

Où sont les dents ?

Les taxes et les tarifs ne sont jamais populaires, mais peut-on vraiment espérer que les cibles du gouvernement seront atteintes sans mesures de coercition ? Le plan vert du ministre Charrette manque de mordant et il est fort à parier que sans le bâton, la carotte ne suffira pas.

D’ailleurs, le Plan pour une économie verte ne propose que partiellement les solutions aux problèmes qu’il attaque. En présentant un plan dont seulement 42 % des mesures sont identifiées, le gouvernement ne fait même pas la moitié du travail. 

Sans indicateurs, sans gouvernance claire, le plan de la CAQ ressemble surtout à un coup de pub, à du greenwashing, comme disent les anglos.