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La consommation de médicaments continue d'augmenter chez les aînés

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Les personnes de plus de 65 ans qui consomment une grande quantité de médicaments sont de plus en plus nombreuses, laissent entrevoir une étude réalisée par des chercheurs de l'Institut national de santé publique du Québec qui ont dressé le portrait de la polypharmacie entre les années 2000 et 2016.

Selon eux, 73 % des ainés consommant cinq médicaments et plus par année en 2016, un nombre en hausse de 11 %. Pire encore, 38 % des ainés ont pris au moins 10 médicaments en un an (+12 %) et 16 % d'entre eux ont une polypharmacie d'au moins 15 médicaments (+8 %).

C'est en Gaspésie et au Saguenay–Lac-Saint-Jean qu'on trouve la plus grande proportion de consommateurs de médicaments chez les aînés, ont souligné les chercheurs.

Cette étude démontre aussi que la prévalence de la polypharmacie est plus importante chez les aînés défavorisés, avec les revenus les plus faibles.

Le phénomène n'est pas sans risque: augmentation des effets indésirables des médicaments, hospitalisations accrues, mortalité plus élevée, sans compter les coûts économiques et sociaux.

«Les médicaments ont leur valeur, leur potentiel. Mais il faut faire une réflexion, car si on continue à ajouter les médicaments et qu'on ne réfléchit pas à leur pertinence, on va se ramasser avec un grand fardeau pharmacologique. En bout de ligne, on n'aura plus les bénéfices des médicaments, mais on va avoir beaucoup d'impacts néfastes», a affirmé Caroline Sirois, une chercheuse associée à l'INSPQ qui a cosignée cette étude.

Cette réflexion, souhaite la chercheuse, doit se faire chez les médecins et les pharmaciens, de même que chez les proches des personnes âgées. Mais surtout chez les aînés eux-mêmes qui sont les principaux concernés.

À la Table de concertation des aînés du Bas-Saint-Laurent, on souhaite maintenant que la polypharmacie devienne une préoccupation nationale.

«Les aînés ne sont pas qu'une chose du passé. Ce sont des acteurs présents, actifs et c'est important qu'on leur demande ce qu'ils en pensent, comment ils souhaitent voir la problématique se résoudre», a soutenu France Gagnon, coordonnatrice pour l'organisme basé à Rimouski.

Question de suivre de près le phénomène, les données sur la consommation de médicaments par les plus de 65 ans seront maintenant actualisées chaque année.