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Les stocks de poissons continuent de baisser au Canada

Les stocks de poissons continuent de baisser au Canada
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Le déclin des poissons au Canada, comme le capelan, le hareng, le maquereau ou la morue et le thon, se poursuit et pour inverser la tendance, le gouvernement fédéral doit «doit agir de toute urgence», ne serait-ce qu’en respectant ses engagements. 

C’est ce qu’a fait savoir mardi l’organisme non gouvernemental (ONG) Oceana Canada dans un nouveau rapport. On y fait part d’un déclin continu des pêches canadiennes depuis 2017, date de la publication du premier portrait réalisé par l’organisation sur les stocks.

Ainsi, le nombre de populations en santé a diminué de près de 7 % entre 2017 et 2020, selon le rapport intitulé «Audit des pêches, et ce, malgré des investissements en science et en gestion.

En fait, depuis les dernières décennies du 20e siècle, les océans canadiens ont perdu la moitié de la quantité totale de poissons, au poids, en raison de la surpêche, estime Roger Augustine, chef régional de l’Assemblée des Premières Nations pour le Nouveau-Brunswick et l'Île-du-Prince-Édouard.

Le rapport note qu’un quart seulement des populations de poissons du Canada est considéré à un niveau sain. Il souligne une «diminution inquiétante des crustacés comme les crevettes et crabes, qui constituent une grande partie des revenus de pêche au pays».

«Nous voyons aussi un déclin des petits poissons, tels que le capelan, le hareng et le maquereau, qui sont des proies pour les oiseaux de mer et les baleines, ainsi que plusieurs espèces importantes sur le plan commercial, telles que la morue et le thon», peut-on lire également.

Pour l’organisme, il est primordial que Pêches et Océans Canada respecte certains des engagements pris et que les investissements des dernières années se traduisent maintenant par des mesures concrètes.

Si la situation persiste, «il faudra 37 ans avant que toutes les populations gravement épuisées aient un plan pour les ramener à un niveau sain», déplore le rapport.

«Un fossé alarmant se creuse entre les engagements du gouvernement et ses mesures, a souligné Josh Laughren, directeur d’Oceana Canada. Ces dernières années, le gouvernement fédéral a effectué des investissements encourageants dans les sciences et la gestion de la pêche. Malheureusement, cela ne s’est pas encore traduit par des actions sur l’eau».

En l’occurrence, l’organisation estime qu’il manque des données pour plus du tiers des pêches canadiennes.

«Nous ne pouvons pas aider l’océan à guérir si nous ignorons ce qui s’y passe et comment cela nous affecte», a souligné le Dr Boris Worm, Professeur de recherche Killam, Université Dalhousie et conseiller scientifique d’Oceana.