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L’hommage émouvant de Labeaume à Max Gros-Louis

Régis Labeaume
Photo d’archives Régis Labeaume, maire de Québec, et Max Gros-Louis

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Dans un long texte publié mardi matin sur sa page Facebook, Régis Labeaume a rendu un hommage appuyé et émouvant à l’ancien grand chef de la nation huronne-wendate Max Gros-Louis, mort samedi à l’âge de 89 ans.

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Dans sa lettre d’adieu, le maire de Québec a promis que la Ville de Québec contribuerait à la mise en place de L’Espace Max-Gros-Louis, comme le voulait le grand chef. Son ancienne maison pourrait ainsi devenir «un lieu unique» et une destination fort prisée de la réserve de Wendake. 

Les mocassins de Sitting Bull J’ai beaucoup aimé ce gentil géant de six pieds et mille. J’ai beaucoup aimé Max...

Publiée par Régis Labeaume sur Mardi 17 novembre 2020

Qualifiant la demeure du défunt de «véritable bazar», M. Labeaume a énuméré des «objets, photos, livres et pièces de grande valeur, accumulés, amoncelés plutôt, par un homme qui avait dû vivre combien de vies». 

D’après lui, «parmi ces millions de raretés, par exemple, l’amateur de hockey, omniprésent au Colisée à l’époque des Nordiques, a collectionné des bâtons autographiés probablement par trois générations de joueurs de la LNH. Parmi ceux-ci, celui de Wayne Gretzky, lors de son passage au tournoi pee-wee en 1974! Il le voyait déjà grand à l’époque. Et évidemment, l’objet inoubliable, le tambourin sur lequel Max tapait quand il sentait un manque d’énergie lors des matchs». 

À l’intérieur de ce «bataclan», M. Labeaume rapporte qu’il se cacherait même «un trésor unique qui fait probablement partie du patrimoine national américain», soit «les mocassins de Sitting Bull» (chef amérindien légendaire du 19e siècle). Le maire s’attend d’ailleurs à ce que le «gouvernement des amerloques [réclame] le rapatriement» de cet objet. 

Une légende et un ami

Outre la promesse faite au défunt sur son lit de mort, Régis Labeaume a raconté, en détail, l’amitié qui s’est tissée entre les deux hommes au fil des années et qui a connu son apogée en 2008, lors des fêtes du 400e anniversaire de la Ville de Québec. 

«J’ai beaucoup aimé ce gentil géant de six pieds et mille. J’ai beaucoup aimé Max Gros-Louis. Il a d’abord été pour moi une légende et, par la suite, j’ose, un ami», a-t-il rapporté.  

Régis Labeaume a également relaté plusieurs anecdotes vécues au fil des années avec Max Gros-Louis, un personnage hors normes qu’il décrit comme «l’incarnation de l’histoire autochtone et de la légende dans notre imaginaire collectif» et comme un «diplomate fini [qui] comprenait évidemment l’âme de son peuple, celle des différentes nations autochtones, mais aussi parfaitement la perception de ceux-ci par le Québécois». 

Des regrets 

Le maire de Québec évoque également les multiples invitations à la pêche faites par le grand chef et les qualifie – non sans amertume – «d’occasions manquées». 

«Pas une fois j’y suis allé. Pas le temps... le travail... Ben oui, Ducon! Meurs donc illico, tant qu’à y être! Quel âne j’ai été. Je le regretterai longtemps», a-t-il laissé tomber.