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Air Canada pourrait rembourser... si c’est Ottawa qui paie la facture

Le PDG du transporteur critique en même temps plusieurs décisions du fédéral

Calin Rovinescu
Capture d'écran tirée du site web Le PDG d’Air Canada, Calin Rovinescu, s’est adressé mercredi, par vidéo, aux membres du Canadian Club de Toronto.

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Après avoir refusé net, pendant des mois, de rembourser les voyageurs dont les vols ont été annulés à cause de la pandémie, le PDG d’Air Canada, Calin Rovinescu, a finalement ouvert la porte à cette possibilité, mercredi.

« En supposant que [...] l’aide gouvernementale soit proportionnée aux dommages que nous avons subis comme organisation, la réponse est oui [il y aura des remboursements] », a indiqué M. Rovinescu lors d’un événement organisé par le Canadian Club de Toronto.

Selon lui, Air Canada ne pouvait pas se permettre de rembourser ses clients sans mettre en péril sa « survie ». Le dirigeant a toutefois reconnu que l’entreprise avait réussi à récolter près de 6 milliards $ en financement depuis le début de la pandémie.

Jusqu’ici, Air Canada a remboursé pour environ 1,2 milliard $ de billets dits « remboursables » (à prix plus élevés), mais a conservé les paiements faits par ses clients pour les autres catégories de billets.

WestJet s’est déjà engagée à rembourser les clients dont les vols ont été annulés.

Il y a 10 jours, le ministre des Transports, Marc Garneau, s’est dit prêt à secourir les compagnies aériennes, mais à condition que celles-ci remboursent leurs clients.

Calin Rovinescu a une fois de plus dénoncé Ottawa pour avoir imposé des restrictions plus sévères sur les voyages que ce qu’on a vu dans d’autres pays.

« Une des choses que j’ai trouvées décevantes, c’est que nous ne nous sommes pas, comme pays, concentrés sur les secteurs qui étaient les plus à risque comme les résidences pour aînés et les usines où les gens travaillent de façon très rapprochée », a-t-il déploré.

Non à un État actionnaire

S’il est impatient de recevoir une aide publique, M. Rovinescu ne veut surtout pas que le gouvernement devienne actionnaire d’Air Canada, ce qui permettrait aux contribuables de bénéficier financièrement de la reprise de l’industrie.

« Les gouvernements qui possèdent des participations dans des compagnies aériennes, c’est une idée extrêmement mauvaise », a-t-il lancé, en rappelant que comme avocat, il a travaillé à la privatisation d’Air Canada, à la fin des années 1980.

La plupart des transporteurs ayant des gouvernements parmi leurs actionnaires sont des « échecs colossaux », a-t-il soutenu, citant notamment Alitalia, Thai Airways et South African Airways.

Le retour du MAX cet hiver

Par ailleurs, même si l’avion 737 MAX de Boeing vient d’être autorisé à reprendre les airs aux États-Unis, ce n’est que l’an prochain que les clients d’Air Canada pourront voyager à son bord. 

« Je m’attends à ce que nous puissions reprendre les vols avec passagers tôt l’an prochain, en janvier ou en février, a précisé le dirigeant. Nous allons procéder de façon très réfléchie. »

M. Rovinescu partira à la retraite en février, juste après la clôture prévue de l’acquisition de Transat.