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Dr Miami, vedette de la chirurgie esthétique sur Snapchat

Dr Miami, vedette de la chirurgie esthétique sur Snapchat
PHOTO COURTOISIE

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Bienvenue dans le cabinet et la vie privée de Dr Miami, un coloré professionnel de la chirurgie esthétique à la pratique survoltée, pour qui les opérations riment avec humour et vidéos Snapchat, mais dont la vie personnelle rangée est dictée par la religion. 

Michael Salzhauer (son vrai nom), médecin à mille lieues de l’image rigide d’un chirurgien qu’on pourrait être tenté d’imaginer, est la vedette du documentaire «Dans la peau du Dr Miami» que diffusera samedi soir ICI Radio-Canada Télé.

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Transformation salutaire?

Pour le réalisateur Jean-Simon Chartier, cet homme qui diffuse une partie de son travail, en direct de sa salle de chirurgie, à Miami, méritait qu’on s’attarde à lui.

«C’est un personnage plus grand que nature qui incarne, pour moi, la propension à ce que le corps prenne toute la place sur les réseaux sociaux par l’image que beaucoup de jeunes femmes mettent de l’avant, alors qu’il utilise les mêmes outils qu’elles, en les façonnant avec son couteau, pour faire sa propre promotion.»

«Il croit vraiment que la chirurgie esthétique a le potentiel d’améliorer la vie des gens parce qu’ils vont avoir plus confiance, ils vont être mieux avec eux-mêmes et avec les autres. C’est sa rationalisation.»

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Deux religions

Chez le praticien américain, la vie se divise en deux. «Il a deux religions: le judaïsme orthodoxe et la chirurgie plastique, explique Jean-Simon Chartier. Évidemment, j’ai joué là-dessus dans les entrevues que j’ai faites avec lui et je l’ai amené à me dire qu’il est un évangélisateur de la chirurgie esthétique parce que je voulais avoir cette citation [...] Je voulais montrer qu’il y a des émules de Dr Miami.»

Être de contradictions, Michael Salzhauer ne laisse toutefois pas entrer Dr Miami à la maison. Juif orthodoxe, il pratique le sabbat du vendredi au samedi soir, prie longtemps tous les matins et discute sérieusement avec son rabbin.

Si, selon lui, «la chirurgie esthétique est un acte de Dieu», sa femme et sa fille ne partagent pas sa vision et tiennent des propos très peu flatteurs sur sa profession. Sans craindre le jugement des siens, de ses pairs ou celui de son dieu, Michael Salzhauer souhaite que la balance penchera du bon côté lorsque «la pesée de mon âme» viendra.

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Garder son sérieux

Avec son oeuvre, le documentariste a souhaité amuser, mais aussi faire sourire de malaise. Car dit-il, il y a un «mal de société» important à dénoncer.

«Le côté critique du documentaire c’est comment on en est rendu, à cause de la technologie, de l’avancée de la médecine et de l’importance de l’image, à ce que la chirurgie esthétique prenne toute la place. Ce qui est valorisé, ce sont des filles qui se montrent les fesses et les font bouger sur les réseaux sociaux.»

Or, même si Dr Miami ne cesse de faire le fanfaron, il pratique son métier convenablement, un élément qui s’est avéré primordial pour le réalisateur. «Jamais je ne lui aurais donné cette place-là si je savais que son travail de chirurgien n’était pas fait dans les règles de l’art.»

Après avoir été proposé lors de divers festivals virtuels, le documentaire «Dans la peau du Dr Miami» sera diffusé pour la première fois en français, ce samedi à 22 h 30, par ICI Radio-Canada Télé dans le cadre de son rendez-vous «Doc Humanité».