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Israël frappe des objectifs iraniens en Syrie

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L’armée israélienne a mené mercredi des attaques aériennes de représailles contre des objectifs iraniens en Syrie, faisant trois morts selon Damas, après la découverte d’explosifs le long de la frontière de facto dans le nord de l’État hébreu.

• À lire aussi: Trump a sondé ses conseillers sur une frappe contre un site nucléaire iranien, selon le New York Times

« Ce que l’Iran et la Syrie ont fait: ils ont placé des engins explosifs improvisés près de la ligne Alpha pour frapper les troupes israéliennes. Ce que nous avons fait: nous venons de frapper des cibles de la Force iranienne Qods et des forces armées syriennes en Syrie », a écrit l’armée d’Israël sur Twitter.

La Force Qods est une unité d’élite des Gardiens de la révolution iraniens chargée des opérations extérieures.

Israël a déclaré avoir frappé « des installations de stockage, des quartiers généraux et des complexes militaires ». « Des batteries de missiles sol-air syriens ont été touchées », est-il ajouté dans un communiqué.

L’agence de presse officielle syrienne Sana a annoncé peu après qu’au moins trois militaires avaient tués dans ces frappes aériennes d’Israël menées à l’aube en Syrie.

Citant une « source militaire », l’agence Sana évoque une « agression aérienne » menée par « l’ennemi sioniste » contre « la région du Sud ». « L’agression a tué trois militaires et blessé un soldat, provoquant des dégâts matériels », indique Sana.

La source précise que les batteries de la défense antiaérienne syrienne ont été activées pour contrer les frappes israéliennes, « abattant un certain nombre de missiles ».

Dans un premier temps, rapportant « des bruits d’explosions », l’agence Sana avait indiqué que la défense antiaérienne affrontait « une agression israélienne dans le ciel de la région de Damas ».

« Une équipe syrienne »

Selon Israël, les engins explosifs découverts près de la frontière de facto, côté israélien, avaient été « placés par une équipe syrienne menée par des forces iraniennes ».

Israël a effectué des centaines de frappes aériennes et de missiles sur la Syrie depuis le déclenchement de la guerre dans ce pays en 2011, ciblant les forces iraniennes et les troupes du Hezbollah libanais déployées en territoire syrien, ainsi que les troupes gouvernementales syriennes.

Déclenché par la répression de manifestations pro-démocratie, le conflit syrien s’est complexifié au fil des ans, impliquant une multitude de puissances étrangères et de groupes armés. La guerre a fait plus de 380 000 morts et des millions de déplacés.

L’État hébreu reconnaît rarement les frappes qu’il effectue, mais il le fait lorsqu’il dit répondre à des attaques spécifiques sur le territoire israélien.

Israël et la Syrie, qui sont toujours techniquement en guerre, sont séparés par une frontière de facto au niveau du plateau du Golan, qu’Israël occupe depuis la fin de la Guerre des Six jours en 1967.

« Présence iranienne »

Israël « considère le régime syrien comme responsable de toutes les actions perpétrées contre son territoire et continuera à opérer lorsque c’est nécessaire contre la présence iranienne en Syrie », a indiqué l’armée.

L’Iran est un allié essentiel du président syrien Bachar al-Assad et l’a soutenu pendant toute la guerre en Syrie.

Les frappes de mercredi sont intervenues quelques heures avant l’arrivée en Israël du secrétaire d’État américain Mike Pompeo pour des entretiens qui devraient notamment porter sur le dossier iranien.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu considère Donald Trump comme le meilleur allié qu’Israël ait jamais eu à la Maison Blanche.

Le New York Times a affirmé lundi que M. Trump avait sondé la semaine dernière plusieurs de ses principaux collaborateurs sur la possibilité de mener « dans les prochaines semaines » une action contre un site nucléaire iranien.

Selon le journal, ces collaborateurs ont « dissuadé le président d’aller de l’avant avec une frappe militaire ».

Donald Trump, qui ne reconnaît pas avoir été battu par le démocrate Joe Biden lors de l’élection présidentielle du 3 novembre, mène depuis longtemps une politique qu’il qualifie de « pression maximale » contre l’Iran.

M. Trump a retiré les États-Unis de l’accord international sur le dossier nucléaire iranien conclu en 2015, l’estimant insuffisant, et a rétabli des sanctions contre Téhéran.

D’après des experts israéliens, M. Netanyahu est inquiet de la possibilité que le président élu Joe Biden, ancien vice-président de Barack Obama, n’engage un rapprochement diplomatique avec l’Iran et n’opère un retour des États-Unis dans l’accord nucléaire international.