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Des pirates informatiques pourraient s'en prendre aux infrastructures d'électricité

Un rapport révèle que les cybermenaces pourraient venir d’Asie, d’Iran et de Russie

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Photo d'Archives, Agence QMI La centrale hydroélectrique de Beauharnois est l’une des plus grandes au monde avec ses 38 groupes turbines-alternateurs alignés sur près d’un kilomètre.

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OTTAWA | Le Centre canadien de cybersécurité prévient qu’il est « fort probable » que des cybermenaces soutenues par des États comme la Chine et la Russie visent des infrastructures névralgiques comme celles assurant l’approvisionnement en électricité.

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« Les auteurs de cybermenaces pourraient cibler des entreprises canadiennes essentielles dans l’objectif de recueillir des données, de se prépositionner en vue d’activités ultérieures ou de les intimider », peut-on lire dans un nouveau rapport publié mercredi.

Des rançons

Le but de pareilles attaques ne serait sans doute pas de priver les Canadiens d’électricité ou de causer la mort, mais plutôt d’exiger de lourdes rançons, écrit-on dans le document intitulé Évaluation des cybermenaces nationales 2020.

Les auteurs relèvent d’ailleurs que des pirates associés à la Russie ont infiltré, en 2019, les réseaux de fournisseurs d’électricité aux États-Unis et au Canada. 

Ces cybermenaces sophistiquées s’expliquent par le fait que les technologies employées pour contrôler l’ouverture de barrages, la transmission d’électricité et l’exploitation de pipelines sont modernisées.

Des pays identifiés

« On remarque de plus en plus que ces dispositifs informatiques sont branchés à internet par leurs fabricants, parfois à l’insu des consommateurs. Cette façon de procéder permet d’activer de nouvelles fonctions ou de fournir des données à des tiers. Une fois connectés, ces produits représentent toutefois une cybermenace », expliquent les experts.

Les attaques opérées avec la collaboration d’États risquent de provenir de la Chine, de l’Iran, de la Russie et de la Corée du Nord, énumère le Centre canadien de cybersécurité.

Par ailleurs, le temps où les malfaiteurs ne frappaient qu’à des moments précis, comme dans la foulée d’élections, est révolu, signalent les auteurs. 

À tout moment

La « nouvelle normalité » est que l’influence étrangère peut se manifester à tout moment pour tenter d’orienter des débats de société sur les réseaux sociaux.

Par ailleurs, la cybercriminalité menée par des individus agissant seuls est en hausse et la tendance risque de continuer avec la COVID-19, qui accentue l’accès à des services par internet. 

Selon le Centre antifraude du Canada, les Canadiens ont perdu plus de 43 millions de dollars en raison de cyberattaques en 2019. Le chiffre réel pourrait être plus grand puisque seuls les cas rapportés sont pris en compte.