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Santé mentale: des intervenants craignent pour leur sécurité

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Des travailleurs sociaux de la Mauricie constatent de que plus en plus de gens sont aux prises avec des troubles de santé mentale ou des problèmes de consommation, ce qui engendre de plus en plus de gestes violents qui les font craindre pour leur sécurité.

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Chaque jour, chaque soir, des intervenants en santé mentale de la Mauricie se rendent chez des patients vulnérables. Ils s'assurent de la prise de leurs médicaments, mais aussi de leur bien-être physique et mental. Les cas étant de plus en plus lourds, les visites qui se font en solo, la plupart du temps, ne sont pas sans risque.

«Oui, j’ai subi de la violence verbale. Pour plusieurs de mes collègues, ça a été de la violence physique», a relaté Isabelle (nom fictif), une intervenante au CIUSSS de la Mauricie–Centre-du-Québec qui n'est pas la seule à devoir composer avec des actes de violence.

Selon la présidente régionale de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux, Véronique Neth, les incidents peuvent être graves.

«Des agressions physiques, ça arrive chaque année. Des cas d’agression sexuelle peuvent aussi survenir», a-t-elle assuré.

Les incidents surviennent plus fréquemment dans les quartiers chauds comme à Shawinigan. Le CIUSSS a récemment fourni aux intervenantes de cette ville, majoritairement des femmes, un simple sifflet en guise d'outil pour se défendre.

«Les policiers interviennent dans ces secteurs en duo et nous, c’est en solo, munies d’un sifflet», a dénoncé Mme Neth.

Pourtant, des solutions existent pour sécuriser la pratique, dont des visites en duo obligatoires et des bracelets connectés.

«Oui, ce sont des coûts, mais les travailleurs qui subissent ces actes de violence sont parfois marqués à vie», a souligné la représentante syndicale.

Depuis avril 2019, le quart des déclarations d'accidents de travail du secteur psychosocial au CIUSSS de la Mauricie Centre-du-Québec sont reliées à des agressions physiques et psychologiques. Les autorités de la santé planchent sur une politique pour contrer la violence des usagers envers le personnel.