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Speak White, 2020

COVID Que 20201117
Photo POOL, Paul Chiasson, PC

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Speak White : c’est ce qu’on disait autrefois aux Canadiens français, ces bénéficiaires mondialement reconnus du privilège blanc et du racisme systémique.

Avec la Révolution tranquille, ils se sont engagés dans une entreprise de reconquête collective. Les Québécois ont fait d’authentiques progrès jusqu’au milieu des années 1990. 

Depuis ils régressent peu à peu, comme en témoigne le dossier publié dans nos pages depuis vendredi, qui révèle une métropole colonisée par l’anglais, dont les Québécois francophones sont culturellement expulsés.

Il y a une nouvelle manière de dire Speak White. C’est d’accuser de racisme les Québécois lorsqu’ils exigent d’être servis en français. 

Mépris

Le plus grand tabou du Québec contemporain, c’est l’intolérance et le mépris dont les Québécois francophones sont la cible chez eux. 

Ce mépris nous vient de certains chroniqueurs anglos radicaux, mais aussi des jeunes wokes anglicisés qui présentent les Québécois francophones comme des xénophobes occupant un territoire non cédé. 

Certains radotent que les immigrés se détournent du français parce que les Québécois ne le parleraient pas assez bien. Foutaise. Vous croyez vraiment que c’est la pureté shakespearienne de l’anglais montréalais qui attire les nouveaux arrivants ? Non. C’est parce que l’anglais a le pouvoir à Montréal. 

Chacun doit évidemment faire sa part en refusant l’anglicisation au quotidien. 

Écoutez Les idées mènent le monde, une série balado qui cherche a éclairer, à travers le travail des intellectuels, les grands enjeux de sociétés.

Mais la réponse doit être politique. Et elle ne saurait tenir exclusivement dans la nouvelle loi 101 que promet Simon Jolin-Barrette, à laquelle le gouvernement caquiste semble faire obstacle pour l’instant. Il ne faut pas se contenter d’avoir le droit d’être servi en français. Le français doit redevenir la langue commune. Plus la situation empire, plus les mesures pour renverser la tendance devront être fortes. 

Il va bien falloir s’ouvrir les yeux : qui veut l’immigration massive veut l’anglicisation. On aurait beau quintupler les sommes investies dans la francisation des immigrés, il n’est pas possible, par des formules magiques, de résister à la loi du nombre.

L’anglicisation de Laval est aussi indissociable de sa mutation démographique. 

Il faut réduire les seuils d’immigration de moitié, comme nous y invite l’essayiste Jacques Houle dans son excellent livre Disparaître ?. Le Québec n’a pas les moyens de ses seuils d’immigration.

Le financement démesuré des institutions anglophones par l’argent public, qui va bien au-delà du poids démographique de la minorité historique anglaise, doit aussi cesser. L’agrandissement de Dawson et le don du Royal Victoria à McGill sont deux scandales nationaux.

Immigration

Plus jamais nous ne devrons accepter de nous laisser traiter de racistes parce que nous voulons être maîtres chez nous dans le seul pays que nous ayons.

François Legault tient le destin du Québec entre ses mains. 

Je suis convaincu qu’au fond de lui-même, il sait que l’avenir de notre langue passe par l’indépendance. Il doit probablement lutter très fort quotidiennement pour ne pas se l’avouer. François Legault n’est pas un fédéraliste converti, mais un souverainiste refoulé. Qu’il ne se gêne pas pour sortir du placard, il pourrait changer le cours de l’Histoire. 

Sinon, il pourrait bien y apparaître à la manière d’un homme qui n’a rien fait pour éviter le pire, alors qu’il en avait le pouvoir.