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Gérer un gros héritage dans sa vingtaine : les 4 règles d’or

Gérer un gros héritage dans sa vingtaine : les 4 règles d’or
Christine Lemus: https://www.instagram.com/christinelemus/

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Un héritage, c’est un gros montant d’argent qui tombe dans nos poches du jour au lendemain. Prendre le temps de réfléchir à l’utilisation de ce précieux legs peut s’avérer... payant. Conseils de pro.

«D’abord, il faut faire très attention. Une personne qui n’a jamais eu d’argent dans la vie et qui en a soudainement beaucoup, ça peut être très dangereux», prévient le planificateur et conseiller en sécurité financière André Lacasse.

Devant ces grandes décisions, ce dernier t’offre quatre de ses précieux conseils.

1- Prends ton temps avant de dépenser  

Il faut à tout prix éviter les grandes dépenses dans les premiers mois suivant la réception du chèque, conseille M. Lacasse.

«Si vous fonctionnez bien sans auto neuve, vous ne serez pas malheureux si vous n’en avez pas une dans les prochains mois. Il faut absolument éviter les achats rapides».

«Il faut être accompagné, lance Florence, une étudiante de 25 ans, qui a reçu l’héritage de son père décédé il y a 14 ans. C’est un peu comme gagner à la loterie; tu ne peux pas prendre de décisions sans impliquer les émotions et tu veux rendre honneur à la personne que tu as perdue. Tu ne veux pas faire les choses de façon impulsive.»

Florence ne souhaite pas dévoiler le montant de son héritage. Par contre, elle précise qu’elle a pu acheter son premier condo dans le Vieux-Québec sans contracter de prêt hypothécaire. 

«Tout l’argent est placé et c’est mon conseiller qui m’a aidée à déterminer ce que je pouvais acheter comme propriété. Investir dans l’immobilier était une manière de rendre hommage à mon héritage comme l’argent peut fructifier. C’est une dépense très réfléchie et j’ai magasiné pendant deux ans», explique-t-elle.

Gérer un gros héritage dans sa vingtaine : les 4 règles d’or
Frog 974 - stock.adobe.com

2- Dresse un portrait clair de ta situation  

Devant un nouvel héritage, il importe d’analyser sa situation financière dans ses moindres détails pour faire un choix intelligent à long terme. 

«Un jeune qui travaille pour une grande entreprise et qui a un fonds de pension a une réalité complètement différente qu’un travailleur autonome qui vit des hauts et des bas et qui n’a aucun filet de sécurité», donne comme exemple M. Lacasse.

Il serait alors plus prudent pour un pigiste de réserver une partie de son héritage dans un fonds destiné à la retraite (REER) et ainsi, «oublier» ce montant d’argent. 

Maude, aujourd’hui âgée de 29 ans, a eu droit à un héritage d’environ 20 000$ lorsqu’elle a eu 21 ans. Même si ses frères ont eu le même montant, seule Maude voit encore la couleur de son argent.

«Je l’ai placé aussitôt dans un CELI et j’ai payé une partie de mes dettes étudiantes et un voyage, mais tout le reste va me servir à m’acheter un condo, un chalet ou un autre bien immobilier», explique-t-elle.

3- Réfléchis à tes objectifs à court, moyen et long terme  

André Lacasse propose de déterminer ses objectifs à court, moyen et long-terme pour prendre des décisions éclairées en fonction de ce que l’on souhaite. 

«Un objectif à court terme peut être l’achat d’une maison et dans ce cas-ci, l’héritage peut donner un sérieux coup de pouce pour la mise de fonds par exemple. Un objectif à moyen terme peut être un couple qui planifie d’avoir des enfants et un objectif à long terme serait d’arrêter de travailler à 55 ans», imagine le conseiller financier, pour ne donner que quelques exemples. 

Sophie*, 24 ans, savait déjà ce qu’elle voulait faire des 20 000$ reçus après le décès de sa grand-mère. 

«Mon but c’est d’acheter un condo avec mon copain et cet argent-là va aller dans ma mise de fonds, explique-t-elle. J’ai placé une certaine partie du montant dans un REER et l’autre dans un CELI pour économiser sur l’impôt.»

Son conseiller financier lui a même proposé d’investir en bourse, mais Sophie n’a pas cru en ce pari risqué.

«Comme je n’ai pas travaillé pour avoir cet héritage, je pourrais prendre plus de risques, mais en même temps, quelqu’un a travaillé pour», raisonne-t-elle. 

Peu importe nos plans, consulter un professionnel en finances peut s’avérer d’une grande aide. Comme le psychologue, le conseiller financier a un œil extérieur sur ta situation et permet de t’orienter de façon objective en te présentant plusieurs options de placement. 

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Joël Lemay / Agence QMI

4- Pense aux autres... et rédige ton propre testament  

Si te ne le savais pas déjà, on te l’apprend : mourir sans testament est probablement le pire legs que l’on peut laisser à sa famille. Parler de la mort à 25 ans est peut-être le dernier sujet de conversation auquel tu aspires, mais l’aborder est essentiel. 

«Il faut prendre le temps de consulter un notaire quand on commence à avoir un peu d’argent de côté. Quand il y a une maison, un conjoint ou une conjointe et des enfants dans l’équation et qu’il n’y a pas de testament, ça peut avoir des impacts majeurs», rappelle M. Lacasse. 

Bref, épargne ce stress inutile à ceux qui te succéderont et pense à eux. Tu auras la tête tranquille... et eux aussi.

*Prénom fictif pour protéger l’anonymat.

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