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Pompeo sera le premier secrétaire d'État américain à visiter le Golan occupé

Pompeo sera le premier secrétaire d'État américain à visiter le Golan occupé
Photo AFP

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Jerusalem | Mike Pompeo doit effectuer jeudi la première visite d'un chef de la diplomatie américaine sur le Golan, territoire syrien occupé par Israël, après que les États-Unis ont été le premier pays à reconnaître la souveraineté israélienne sur ce plateau. 

Sous l'administration de Donald Trump, les États-Unis ont affiché un soutien inégalé à l'État hébreu avec la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël et l'approbation de la souveraineté israélienne sur la partie du plateau du Golan pris à la Syrie en 1967, puis annexé en 1981. 

«Aujourd'hui j'aurai la chance de visiter le plateau du Golan. La simple reconnaissance de (ce territoire) comme faisant partie d'Israël était une décision d'une importance historique du président Trump en même temps qu'une simple reconnaissance de la réalité», a déclaré M. Pompeo lors d'un point de presse à Jérusalem avec le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

En mars 2019, les États-Unis sont devenus le premier pays à reconnaître la souveraineté israélienne sur ce territoire stratégique au carrefour du Liban et de la Syrie, une mesure dénoncée par de nombreux États.  

Selon la presse israélienne, le secrétaire d'État, en tournée d'adieu après la défaite de Donald Trump à la présidentielle, pourrait aussi jeudi devenir le premier chef de la diplomatie américaine à visiter une colonie israélienne en Cisjordanie occupée, en l’occurrence le vignoble de Psagot.

La colonisation israélienne dans les Territoires palestiniens a connu un vif essor ces dernières années sous l'impulsion de M. Netanyahu et durant la présidence Trump.

Plus de 450 000 Israéliens vivent dans les colonies, jugées illégales par le droit international, en Cisjordanie, un territoire occupé par Israël depuis 1967 et où vivent aussi environ 2,8 millions de Palestiniens.

Or en novembre 2019, presque jour pour jour, M. Pompeo avait planté un autre clou en affirmant que ces colonies n'étaient plus, selon Washington, contraires au droit international.

«Pendant longtemps le département d'État a pris la mauvaise approche sur les colonies, ne reconnaissant pas l'histoire de ce (territoire) spécial. Aujourd'hui le département d'État américain défend avec vigueur la reconnaissance que les colonies peuvent être légales (...)», a-t-il réitéré jeudi. 

In Pompeo veritas?

Au vignoble israélien de Psagot, situé entre Jérusalem et Ramallah, on avait en 2019 débouché des bouteilles en l'honneur de Mike Pompeo, avait à l'époque raconté le propriétaire des lieux, Yaakov Berg.

Ce vigneron vend l'essentiel de sa production à l'étranger, aux États-Unis et en Europe notamment, mais est au cœur d'une bataille politico-judiciaire sur le statut des colonies.

En 2016, une décision française l'avait obligé à un étiquetage différencié des produits provenant des Territoires occupés par Israël. Ces produits ne pouvaient être qualifiés comme étant originaires d'Israël mais bien des colonies israéliennes.

Furieux, Yaakov Berg avait combattu cette décision. Et le différend était parvenu à la Cour européenne qui avait validé la décision française en soutenant que les produits des colonies devaient être labellisés comme tel.

La décision de Washington sur le statut des colonies avait donc été saluée par le vigneron et la majeure partie de la classe politique israélienne.

«Rentre chez toi!»

Les Palestiniens, qui ont coupé les ponts avec l'administration Trump, digèrent déjà mal la visite possible de Mike Pompeo dans une colonie israélienne.

Mercredi, des dizaines de Palestiniens ont manifesté à Al-Bireh, en face de Psagot, brandissant des drapeaux palestiniens. «Pompeo rentre chez toi», pouvait-on lire sur une pancarte.

«La visite prévue de Pompeo est un crime car elle contrevient à toutes les résolutions internationales», a affirmé Mounif Treish, membre de la municipalité d'Al-Bireh. «Le vignoble (de Psagot) a été établi sur des terres privées palestiniennes. Nous avons les documents le prouvant.»

«Si les relations internationales se basent sur des bouteilles de vin, alors c'est la mort de la diplomatie», a déclaré plus tôt cette semaine le premier ministre palestinien Mohammed Shtayyeh.

Question peut-être aussi d'appuyer la vente à l'étranger des vins des colonies, Mike Pompeo a annoncé que Washington allait prendre des mesures «immédiates» contre des organisations liées à la campagne BDS de boycottage d'Israël, qu'il a qualifiée «d'antisémites».