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Devrait-on gracier Donald Trump?

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Je vous propose aujourd’hui de nous intéresser à une question théorique à laquelle Joe Biden devrait réfléchir. Du moins, c’est ce que croient un certain nombre d’observateurs, dont quelques démocrates.

Si vous considérez qu’évoquer la possibilité d’un pardon est prématuré, il faut se rappeler qu’il peut être accordé avant même la tenue d’un procès.

Joe Biden a déjà affirmé qu’il n’interviendrait pas dans les dossiers impliquant Donald Trump et qu’il laisserait la justice suivre son cours. Pourquoi alors l’inviter à revoir sa position ?

Unir le pays

Les partisans d’un pardon pour Donald Trump évoquent tout d’abord le fait que pour l’obtenir, le président devrait enfin reconnaître une ou des fautes. Depuis quatre ans, protégé par l’immunité présidentielle, il nie toute action malhonnête. Peu enclin à reconnaître ses erreurs, Trump pourrait changer d’idée.

La reconnaissance d’un méfait constituerait déjà une petite victoire pour ceux et celles qui considèrent que l’homme n’a jamais pleinement payé le prix de ses frasques. Un argument fort en faveur d’un pardon réside dans son effet présumément unificateur.

Soixante-douze millions d’électeurs ont voté pour le républicain et plusieurs le croient quand il crie au complot. Joe Biden, à l’image de Gerald Ford dans le cas de Nixon, pourrait ainsi éviter le spectacle navrant et déchirant d’un procès impliquant le président déchu.

Parce qu’il permettrait d’unir et d’aller de l’avant plutôt que de regarder dans le rétroviseur, je ne m’oppose pas d’entrée de jeu au pardon. La nature de l’homme visé et la multitude des accusations déposées contre lui me font cependant hésiter, puis, m’opposer.

Trop, c’est trop

Richard Nixon était coupable et ne méritait pas la grâce de son successeur. Mais il a eu le bon sens de partir puis de rester dans l’ombre un certain temps.

Dans son cas, on peut presque parler d’une réhabilitation puisque plusieurs de ses successeurs ont eu recours à son expertise en politique étrangère. Vous imaginez un Trump discret mettant à profit ses connaissances politiques pour parcourir le monde ?

Si l’objectif principal est de rassembler la nation, je doute que ce pardon puisse y contribuer. Jamais dans l’histoire des États-Unis un président n’a autant entaché la fonction et la république. Outre Nixon, aucun autre président n’aura autant mérité de se retrouver devant les tribunaux.

Non seulement un pardon dans ce cas serait vain, il signifierait que plus rien n’est inacceptable de la part d’un homme ou d’une femme politique. De plus, Biden pourrait agir, et, ensuite, assister impuissant au spectacle qu’on souhaite éviter. Comment ?

Le pardon présidentiel n’est valide que pour le volet fédéral des crimes allégués, pas celui qui relève des États. Le procureur général de Manhattan, Cyrus Vance, attend impatiemment le 20 janvier pour en découdre avec Donald Trump.

Malgré son désir de rassembler, je crois qu’il serait plus avisé pour Joe Biden de s’éloigner de ce dossier. 

Il devrait consacrer toutes ses énergies aux multiples défis qui l’attendent déjà.