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La pandémie, une «opportunité» que tente de saisir la droite radicale

La pandémie, une «opportunité» que tente de saisir la droite radicale
AFP

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Berlin | La droite radicale en Europe et aux États-Unis voit la pandémie comme une « opportunité » à saisir pour attirer de nouveaux militants, issus des mouvances anti-vaccins et conspirationnistes, prévient vendredi une étude commandée par le gouvernement allemand. 

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L’étude diligentée par le gouvernement d’Angela Merkel, qui préside jusqu’à la fin de l’année le Conseil de l’Union européenne, a été réalisée en Allemagne, France, Grande-Bretagne, États-Unis, Suède et Finlande par le Counter Extremism Project, un think-tank international réunissant experts et anciens diplomates.

Elle décrit l’émergence dans ces pays depuis 2014 d’une nouvelle droite radicale « sans leader, transnationale, apocalyptique et orientée vers la violence », autour de thèmes tel qu’un supposé « grand remplacement » des populations européennes par des immigrés d’autres continents.

Ces extrémistes réagissent à cette menace sur la « race blanche » en se coordonnant de plus en plus, entre eux et avec des militants russes et d’Europe de l’Est, et en se finançant via l’organisation de concerts identitaires et de tournois d’arts martiaux, détaille l’étude. 

En Allemagne, il existe ainsi un réseau de labels de musique d’extrême droite et de sociétés de vente par correspondance dont le chiffre d’affaires en 2012 pour la seule Saxe, une région d’ex-RDA, s’élevait à environ 3,5 millions d’euros. Les experts estiment les recettes des festivals identitaires en Allemagne à près de deux millions d’euros par an.

L’étude explique en outre que la pandémie de COVID-19 constitue pour cette mouvance une « opportunité », qu’elle entend saisir en intensifiant ses « efforts de mobilisation autour des mythes de conspiration » et contre les restrictions, décrites comme l’établissement d’un « État policier ».

La droite radicale compterait aussi sur l’épidémie pour puiser de nouveaux militants parmi les opposants aux vaccins.

« Les bouleversements provoqués par la pandémie renforcent l’influence de tous ceux qui, avant même l’apparition du virus, se considéraient comme les opposants au courant dominant », résume l’étude, pointant la nette hausse des échanges en ligne sur les forums extrémistes, notamment en période de confinement.

Malgré les restrictions de déplacement et les interdictions de concert ou de tournois, qui ont perturbé les activités de cette droite, la pandémie pourrait permettre de nouvelles connexions et la recrue de militants.

En Allemagne, explique l’étude, les multiples manifestations anti-masques ont ainsi réuni dans de mêmes défilés néo-nazis et anti-vaccins, extrémistes de droite et hippies épris d’ésotérisme.

Ces rassemblements peuvent servir de préludes à « une future coopération dans la lutte contre les supposés “ennemis communs”», dont l’État, met en garde l’étude.