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Le respect des mesures sanitaires pourrait s’effriter

Un sondage de l’INSPQ laisse entrevoir une possible dissidence à long terme

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Photo Agence QMI, Joël Lemay Un sondage de l’INSPQ sur le comportement des Québécois montre que 94 % d’entre eux portent le masque ou le couvre-visage.

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L’adhésion à long terme des Québécois aux mesures sanitaires pourrait être compromise selon un sondage de l’INSPQ. Une majorité de répondants admet qu’il est «très difficile» d’envisager des restrictions à long terme, une cassure «importante» et «préoccupante» prévient une chercheure.

Les plus récentes données du sondage sur les attitudes et comportements des Québecois de l’INSPQ montrent que la population adhère toujours aux règles sanitaires.  

  • 70% respectent toujours l’interdiction de rassemblements privés  
  • 72% se lavent les mains plusieurs fois par jour  
  • 94% portent le masque ou le couvre-visage  
  • 60% respectent la distanciation physique en public    

Mais ce degré d’acceptation pourrait bien aller en s’effritant en voyant les chiffres suivants.  

  • Pourcentage des gens croyant qu’il sera «très difficile» de suivre les mesures si elles devaient s’étirer...    

... Encore quelques jours, jusqu’au 23 novembre : 22%

... Encore 2-3 mois : 43%

... Encore 6 mois : 58%

Défi majeur

Cette possibilité de voir les mesures se prolonger au-delà de six mois est toutefois bien réelle, de l’aveu même de la Santé publique.

«De penser que le jour où on a un vaccin, on revient comme avant la COVID à court terme, je pense que c’est non», soulignait Horacio Arruda en début de semaine. «Ça pourrait être entre 12 et 18 mois, ça pourrait aussi être 9 mois. Tout va dépendre de la quantité de vaccins qu’on va avoir.»

Le respect des mesures sanitaires deviendrait alors l’un des principaux défis de François Legault et son équipe.

«Dans le long terme, il y a une cassure importante. Et c’est préoccupant», confie Ève Dubé, anthropologue responsable du sondage de l’INSPQ.

La chercheure estime que Québec doit trouver une façon de rallier les Québécois.

«Il va falloir trouver une façon de motiver les gens à long terme. Le défi 28 jours pouvait fonctionner parce qu’on voyait une fin. Ce printemps, on se raccrochait à l’été, mais là, il y a beaucoup plus d’enjeux. [...] La fin de tout ça est loin», souligne Mme Dubé.

La communication sera la clé selon elle. Une mauvaise décision ou une lecture erronée du pouls de la population pourrait faire tomber le taux d’adhésion aux mesures et ainsi, faire plonger la province encore plus profondément.

«Il va peut-être falloir plus adopter des stratégies de réduction des méfaits, de voir comment on peut vivre avec le virus. Parce que d’un point de vue du comportement humain, il y a des enjeux importants qui vont arriver», prévient l’anthropologue.

Le pire à venir?

Autre donnée évocatrice du moral des troupes, plus de 80% des répondants estiment que nous vivons en ce moment le pire de la crise ou que le pire reste à venir. 

«Ça reflète bien l’ambiance, c’est clair. [...] Et quand on voit les prédictions des modélisateurs, on s’attend à une troisième vague. Ce n’est rien de très encourageant non plus», fait remarquer Ève Dubé, rappelant l’importance de trouver une façon de soulager le marasme en continuant de limiter les éclosions.

«C’est une préoccupation quand on parle d’assouplir certaines mesures ou de faire des aménagements pour que les gens puissent retrouver une certaine vie sociale, tout en limitant la propagation. C’est là qu’est le défi, ce n’est pas évident», de rappeler la chercheure.

Malgré un certain découragement, les Québécois demeureraient sensibles au risque que représente le virus. Une bonne nouvelle dans les circonstances.

«C’est un résultat intéressant. La peur de la COVID, de l’attraper, de la transmettre à un proche, ça, c’est resté stable. C’est fort et présent. Les gens sont inquiets, il n’y a pas eu de banalisation du virus», analyse Mme Dubé.

Noyau dur de complotistes

L’INSPQ a aussi sondé les Québécois sur leur propension à croire des informations fausses en lien avec la pandémie. Ces résultats, comparés avec des coups de sondes semblables menés depuis le début de la crise laisse croire que les cercles complotistes s’agrandissent peu.

«On fait vraiment face à un noyau dur de personnes, stable d’une collecte à l’autre. C’est vraiment un groupe de gens qui s’opposent aux mesures, aux recommandations. C’est un petit groupe en manque de confiance envers les autorités», observe l’anthropologue Ève Dubé.

Malgré tout, une forte propension des répondants demeure à risque d’être exposée aux théories du complot qui pullulent sur les réseaux sociaux. Près de 50% des gens sondés par l’INSPQ ont admis utiliser les médias sociaux pour s’informer sur la COVID-19 au moins une fois par jour.

Faits saillants du sondage de l’INSPQ  

Facilité à respecter les mesures sanitaires

Encore quelques jours?

Très facile : 62%

Très difficile : 22%

Encore 2-3 mois?

Très facile : 36%

Très difficile : 43%

Encore 6 mois?

Très facile : 25%

Très difficile : 58%

Les mesures les plus difficiles à respecter

Ne pas pouvoir voir la famille ou les amis :

Difficile à 81%

Ne pas pouvoir prendre soin d’un proche âgé ou à la santé précaire :

Difficile à 72%

Annulation des activités sportives ou sociales :

Difficile à 64%

Ne pas pouvoir envoyer un enfant à l’école ou à la garderie s’il a des symptômes : Difficile à 59%

Perception face à l’évolution de la crise (au 11 novembre)

Le pire est derrière nous : 17%

Nous vivons actuellement le pire : 52%

Le pire est à venir : 31%

Perception du risque

La COVID-19 peut être dangereuse pour ma santé?

70% en accord

Je suis inquiet à l’idée d’attraper le virus?

65% en accord

Je suis inquiet de transmettre le virus à mon entourage?

69% en accord

Je suis inquiet de perdre un proche à cause de la COVID-19?

73% en accord

Source : COVID-19 — Sondage sur les attitudes et comportements des adultes québécois, INSPQ

Situation au Québec

En date du

Cas confirmés

Total

Décès

Total

Vaccins administrés

Total 84 837+ 9 264

Tests effectués

Total 5 195 725+ 35 114

Hospitalisations

Total

Soins intensifs

Total

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