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Des Fêtes un peu tristes pour Pierre Lapointe

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Comme toujours, Pierre Lapointe fait les choses autrement, à sa tête et en grand. 

Pierre Lapointe      

Photo courtoisie

★★★★1⁄2

Chansons hivernales

À défaut de proposer un album typiquement « de Noël », le chanteur livre une œuvre originale et luxuriante qui s’en inspire en ratissant large (des chicanes de famille sur Chaque année on y revient aux relations à distance sur le single Six heures d’avion nous séparent, son duo avec Mika). 

Pour celles et ceux qui espéraient une énième reprise de Minuit, chrétiens, faudra repasser, donc.

POUR UN HIVER RISQUÉ

À l’image des festivités, Lapointe ameute un véritable « who’s who » de la communauté musicale actuelle autour de ses Chansons hivernales en recrutant, par exemple, Owen Pallett (artiste solo qui collabore également avec Arcade Fire), le réalisateur et multi-instrumentiste Emmanuel Ethier, l’auteure-compositrice-interprète et guitariste Melissa Laveaux (qui l’accompagne sur Noël Lougawou, chanson en créole et en français composée et écrite par le duo), Yuki Berthiaume-Tremblay (de Jesuslesfilles, notamment) ainsi que Félix Dyotte qui signe Toutes les couleurs

Si, au fil des années, la discographie de Lapointe a confirmé à maintes reprises ses talents d’auteur, de compositeur et d’interprète (il est d’ailleurs égal à lui-même ici), Chansons hivernales met particulièrement de l’avant son don pour la direction artistique. 

Tout de ce projet (de la facture graphique au personnel recruté en passant, bien sûr, par les pièces) est remarquable et courageux. 

En effet, si Chansons hivernales ne surprend pas tant dans son contenu (c’est de la pop franco signée Pierre Lapointe... c’est donc très bon, t’sais), on se doit de souligner la démarche osée du principal intéressé et son entourage qui font fi des raccourcis (et sûrement des budgets) pour offrir une œuvre givrée, voire un nouveau classique des Fêtes, brillante, sensible et accrocheuse à souhait. Bravo. 

Shaggy      

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1⁄2

Christmas in the Islands

Plus de 35 ans après la parution du péché mignon Bons baisers de Fort-de-France de la Compagnie Créole, Shaggy propose un album entier combinant Fêtes et rythmes tropicaux et, évidemment, c’est une mauvaise idée. Comme LP reggae, c’est tellement pop et liché qu’il est impossible de s’y accrocher. Comme disque des Fêtes, c’est opportuniste, certes, mais aussi cruellement paresseux. Shaggy se contente essentiellement d’ajouter des clochettes — un son déjà désagréable en soi — ici et là. Pour les amateurs d’ovnis musicaux surtout.  

Partner      

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★★★1⁄2

Never Give Up

Trois ans après son premier album et une flopée de maxis, singles et expérimentations musicales, le duo néo-brunswickois relocalisé à Toronto opte pour une direction plus rock « classic » que « garage » pour Never Give Up. Alors que certaines parutions — dont l’émouvante Les ailes d’un ange — laissaient présager une offrande à venir plus sérieuse, je vous confirme que l’humour des musiciennes est toujours mis de l’avant. L’œuvre est un brin bancal au final, la seconde moitié de Never Give Up est toutefois plus appréciable que la première à mon avis. Évidemment, les fans de Weezer devraient tendre l’oreille.  

Daniel Boucher      

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★★★1⁄2

À grands coups de tounes, vol. 1

Un an après avoir proposé 20 ans d’une pas pire épopée, une compilation de hits de huit pièces (oui, oui, seulement huit), le poète des temps gris refait surface avec une nouvelle collection de tounes, ma foi, fort étonnantes. Il y a Les grands déçus domptés du grand lundi docile, un morceau de bravoure rock folk au titre presque aussi long que sa durée (plus de 9 minutes !) ainsi que Grand beau grand gars, une lettre d’amour au rock « queb’ seventies » en soi. Bref, Boucher a toujours ce goût du risque et ça s’entend ici. Bien joué.

Coup de coeur       

MAXIME GERVAIS

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★★★★

Une nouvelle forme de joie

Tiens donc. Pour la deuxième semaine consécutive, un humoriste surprend avec un LP parachevé. Dans un tout autre registre que l’inspirant Adib Alkhalidey, Maxime Gervais résiste à une année morne avec un nouveau LP rock hymnique (pensez à Andrew WK), voire punk volontairement minimaliste (les nostalgiques des belles années d’Atom & His Package vont adorer). Sûrement mon album favori (à ce jour !) de cet artiste au parcours joyeusement éclaté.