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Le miraculé de la Cité-de-la-Santé pas sorti du bois

GEN-COVID-19
Photo d'archives, Agence QMI Michel Lapierre aux côtés de sa femme, Colette Labelle, dans les jours suivant sa sortie de l’hôpital.

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Un homme qui a été dans le coma pendant un mois au printemps en raison de la COVID-19 tente encore de retrouver 100 % de sa forme en plein cœur de la seconde vague de la pandémie.

• À lire aussi: La COVID-19 a fait basculer leur vie

« Ça n’a pas été évident. Encore aujourd’hui, il y a des jours où je ne me sens pas au sommet de ma forme », relate Michel Lapierre.

Le Lavallois de 72 ans ne l’a pas eu facile. Il a été admis à l’Hôpital Cité-de-la-Santé le 23 mars avec des problèmes respiratoires.   

Alors qu’il était plongé dans le coma pendant 30 jours, les médecins n’avaient pas trop d’attentes quand il a fallu débrancher son assistance respiratoire. Selon sa femme, Colette Labelle, on lui donnait alors 20 % de chances de survie.   

Retraite forcée  

M. Lapierre a finalement réussi à respirer par lui-même. Surnommé le miraculé par des membres du personnel, il a entrepris une longue réadaptation et est sorti de l’hôpital le 23 mai, après deux mois de soins.

« J’ai dû réapprendre à marcher après avoir passé un mois sans bouger. J’ai tellement forcé en physiothérapie. Je crois que si je ne m’étais pas donné autant, je n’aurais pas eu mon congé si rapidement », se souvient l’homme, qui était camionneur artisan.

Cependant, la maladie l’a forcé à prendre sa retraite et à vendre son camion, puisque l’énergie n’était plus au rendez-vous.

Comme sa masse musculaire a fondu avec les 40 lb qu’il a perdues, il a fait de la physiothérapie à domicile quotidiennement dans le mois qui a suivi sa sortie. Il a repris une douzaine de livres depuis.

M. Lapierre avant d’être frappé par la COVID-19.
Photo courtoisie
M. Lapierre avant d’être frappé par la COVID-19.

Conséquence du fait qu’il a été alité pendant deux mois, M. Lapierre a aussi été traité pour des douleurs aux épaules et une plaie de lit qui a fini par guérir à la mi-septembre. Il doit aussi consulter un urologue, conséquence d’avoir dû porter une sonde urinaire si longtemps.    

La maladie a aussi laissé des traces psychologiques.    

« Je demeure craintif de ravoir le virus. Quand je croise quelqu’un en marchant, je change de côté de rue », illustre M. Lapierre.    

Ça va mieux

Depuis sa sortie de l’hôpital, M. Lapierre a pu prendre l’air quand il le voulait, ce qui lui manquait cruellement.

« Ça m’a beaucoup aidé de pouvoir sortir dans la cour. Au début, j’avais encore de la difficulté à respirer et je devais faire des siestes tous les après-midi. Maintenant, ça va beaucoup mieux, mais je prends mon temps », explique M. Lapierre.    

Avec l’hiver qui approche, il sait qu’il aura moins d’occasions pour sortir à l’extérieur, mais il se souhaite un regain d’énergie et quelques petites tempêtes afin de pouvoir se désennuyer avec sa souffleuse. 

Michel Lapierre | 72 ans

  • Hospitalisé 60 jours
  • 30 jours dans le coma
  • 40 lb perdues
  • Obligé de prendre sa retraite
  • Manque encore d’énergie 

Son propre frère ne croit pas à ce virus... 

Michel Lapierre peine toujours à comprendre que certains, dont son propre frère, doutent encore de l’existence du virus même si plusieurs, comme lui, racontent l’enfer qu’ils ont dû traverser.  

« Ma sœur lui a dit : “quelle preuve de plus veux-tu pour croire que le virus existe ? Ton frère a failli en mourir”. Je lui ai aussi parlé de mon lit d’hôpital, affaibli, mais il n’y a rien à faire », relate M. Lapierre. 

Bloqué sur Facebook

« Il ne veut pas essayer de comprendre. Il m’a même bloqué sur Facebook », ajoute le septuagénaire, qui a été hospitalisé pendant deux mois au printemps dernier.

Lorsque Le Journal a rencontré M. Lapierre, ce dernier était d’ailleurs déjà catégorique sur la puissance de la seconde vague qui pointait.

Il prédisait ainsi que la période de confinement de 28 jours imposée alors dans le grand Montréal allait durer plus longtemps qu’annoncé.

Les faits lui ont tristement donné raison.

« Il y en a qui ne veulent tout simplement pas y croire. Certains disent que le gouvernement paie des comédiens pour des témoignages, mais je vous assure, nous n’avons rien reçu et on ne nous a rien promis », clame-t-il. 

Un résumé pertinent de la journée,
chaque soir, grâce aux diverses
sources du Groupe Québecor Média.