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Le répondeur pour connaître sa voix

Une femme de 53 ans a dû réapprendre à parler après avoir perdu l’usage de sa voix à cause de la COVID-19

GEN - MARIE-ISABELLE MARCHARD
Photo Martin Alarie Marie-Isabelle Marchand met tous les efforts possibles pour retrouver son élocution, altérée par son infection, en faisant assidûment ses exercices d’orthophonie.

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Une infirmière auxiliaire qui a perdu l’usage de la voix en plus d’avoir des problèmes d’élocution depuis son infection est maintenant suivie en orthophonie, où elle réapprend encore à parler, sept mois plus tard. 

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« Ma tête est toute là, je voudrais dire certains mots et sons, mais ça ne sort plus comme avant. Ça me déstabilise énormément », lance Marie-Isabelle Marchand.

L’infirmière auxiliaire de Laval a contracté le coronavirus sur son lieu de travail à la mi-avril. Terrassée, la femme de 53 ans a été alitée pendant plus de trois mois. 

Elle a vu fondre sa masse musculaire, en plus de perdre une dizaine de livres.

Ses symptômes, comme la fatigue, l’essouf-flement et les douleurs thoraciques ont continué bien au-delà de la phase aiguë. 

Le 29 mai, des semaines après son test positif, elle a même été hospitalisée pendant une demi-journée. 

« Je ne me sentais pas bien. J’étais essoufflée et ma saturation en oxygène diminuait. Ç’a finalement pris 14 heures pour me stabiliser avec des traitements d’inhalothérapie », explique-t-elle. 

Mais le lendemain, elle s’est réveillée et ne parlait plus. 

« Aucun son ne sortait de ma bouche. J’ai paniqué », se souvient-elle. 

L’infirmière auxiliaire en neurologie a fait un test qu’elle connaît bien : elle a essayé d’éteindre une bougie en soufflant dessus, en vain puisqu’elle manquait de force.  

« J’ai passé une panoplie de tests [médicaux]. Au niveau respiratoire, mon diaphragme était tellement faible que le son ne pouvait plus se propulser », rapporte celle qui souffrait d’asthme avant de contracter le virus. 

Une patate chaude

Elle est donc suivie depuis le mois d’août par une orthophoniste. Elle doit faire une heure d’exercice tous les jours.

« Quand je parle, ça sonne comme si j’avais une patate chaude dans la bouche. Je fais de la phonétique pour réapprendre certains sons, comme les “ch”, les “r” et les “s”. Ces temps-ci, je lis beaucoup à voix haute », décrit-elle avec une voix légèrement saccadée. 

Comme sa façon de s’exprimer est altérée, l’orthophoniste doit se fier au message de son répondeur téléphonique pour l’aider à retrouver sa voix et la même élocution qu’avant son infection au coronavirus.

Attacher ses souliers...

Mme Marchand est également suivie trois fois par semaine en ergothérapie pour stimuler ses capacités cognitives ainsi qu’en physiothérapie pour réadapter son corps à son travail quotidien en tant qu’infirmière auxiliaire. 

« Au début, je n’étais plus capable d’attacher mes souliers ou de monter des escaliers. Maintenant, je peux faire une marche avec mon chien », souffle-t-elle.

Avant d’être malade, elle avait pourtant l’habitude de s’entraîner quelques fois par semaine et de faire du jogging. 

Marie-Isabelle Marchand est également aux prises avec « d’atroces » problèmes de concentration et de mémoire. 

Elle qui n’avait jamais eu de téléphone intelligent s’en est récemment procuré un afin de l’aider dans cette nouvelle réalité. 

« Pour me rappeler mes rendez-vous, je mets des alarmes. J’utilise l’application Notes pour faire des listes de tâches. Mais, ce n’est pas moi ça », dit-elle, en ajoutant qu’elle ne peut plus faire deux choses en même temps.   

Malgré toutes ces séquelles, elle a insisté pour retourner au travail à raison de 12 heures par semaine. Ses tâches ont évidemment été adaptées à son état.

« Avec ces trois avant-midi [au travail] et ma réadaptation, je me pousse au maximum de mes capacités avec l’espoir de retrouver mon quotidien normal », dit la dame, qui souffre de séquelles depuis maintenant sept mois. 

Elle se réjouit de chaque petite victoire, même s’il y a des jours où elle trouve que sa convalescence ne va pas assez vite. 

« J’ai des creux de vague parfois, mais je mets mon focus sur mon évolution. Au moins, les gens me comprennent quand je parle, ce qui n’était pas le cas au début », laisse-t-elle tomber avec optimisme.

Un résumé pertinent de la journée,
chaque soir, grâce aux diverses
sources du Groupe Québecor Média.