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Le trip d’un comique mélomane

François Pérusse
Photo courtoisie Jérémie LeBlond-Fontaine François Pérusse

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François Pérusse a toujours aimé la musique progressive, de Genesis à Gentle Giant, en passant par Jethro Tull et King Crimson. Dans son 11e Album du peuple, l’humoriste mélomane a décidé de proposer quelques chansons inspirées de ce style musical un peu délaissé aujourd’hui.

François Pérusse aime se faire désirer. Cinq ans après son dernier Album du peuple, qui se voulait un disque anniversaire, l’humoriste a profité de la pandémie pour revenir à la charge avec une nouvelle galette.

« Je ne fais pas si souvent des albums parce que c’est une vraie torture mentale ! lance-t-il. C’est bien de l’ouvrage, je me remets en question, j’ai des doutes. C’est une “souffrance” de plusieurs mois ! »

Sur ce onzième tome, on retrouve de nombreux jeux de mots – la marque de commerce de l’humoriste –, ainsi que plusieurs clins d’œil à des personnalités connues (Bob Hartley, Denis Lévesque, Donald Trump, Justin Trudeau, François Legault).

Mais ce qui frappe surtout, c’est de voir à quel point François Pérusse s’est éclaté musicalement sur les chansons Je veux pas juger, 3 p’tits points et Le cercueil connecté.

« Je me suis payé un trip, dit-il. J’ai toujours aimé la musique prog. Malgré ce que certains disent, elle est pas mal disparue aujourd’hui. Au début, je voulais juste faire une toune pour rire du style de Jethro Tull. Mais j’ai tellement aimé ça que j’ai voulu aller vers [Frank] Zappa et King Crimson. Je me suis payé une traite ! »

Un premier vidéoclip

François Pérusse a reçu un accueil très favorable chez Zéro Musique en présentant ces morceaux. « Ç’a même été un emballement de leur part », dit-il. 

François Pérusse
Photo courtoisie

Son gérant, Pierre Dumont, l’a même convaincu de faire le tout premier vidéoclip de sa carrière, pour Je veux pas juger.

« Je ne suis pas un vendeur de mes tounes, dit l’humoriste. Je n’ai jamais voulu faire une campagne de promotion autour d’une chanson. C’est pourquoi j’avais toujours hésité. Mais ici, je trouve que ça fonctionne très bien. »

En plus de l’humoriste, le clip nous montre aussi Dom Massi, du groupe comique Les Pic-Bois. « Je ne le connaissais pas avant de faire le clip, admet Pérusse. En plus on ne s’est même pas rencontrés, car on a tourné nos scènes séparément. Mais je suis allé voir ce que font Les Pic-Bois et j’aime beaucoup ça. J’ai toujours aimé l’espèce d’humour espiègle, comme ce que font aussi Les Appendices. »

Avec Jean Leloup

Avant de connaître une brillante carrière en humour, François Pérusse a joué de la basse pour quelques musiciens réputés. Son travail aux côtés de Luc De Larochellière est bien connu, mais saviez-vous qu’il a déjà accompagné Geneviève Paris, Bob Walsh et... Jean Leloup ?

« J’ai joué avec Jean avant même son premier album, quand il s’appelait encore Jean Leclerc, raconte-t-il. Je savais qu’il était prometteur. [...] À partir du moment où il est allé dans les ligues majeures, Jean m’a pris par la main et m’a dit : viens avec moi. J’ai été pissou, j’avais une job et ça ne m’intéressait pas d’être “juste” bassiste. J’ai été un peu loser. J’ai eu peur d’y aller. Il m’a un peu engueulé au téléphone. J’ai manqué de guts ! »

François Pérusse adore la musique et il a partagé sa passion avec ses deux garçons de 11 et 13 ans. « Ils me font découvrir des choses d’aujourd’hui. Et moi, je leur fais découvrir des choses d’avant. Comme là, je leur fais découvrir Steve Miller et ils capotent ! »

Rêve de mélomane

Mélomane invétéré, l’humoriste pourrait-il un jour sortir un album « sérieux » de musique ? « C’est un rêve fantasmagorique que j’ai depuis l’adolescence, répond-il. J’en parle parfois à mon frère [le réalisateur et musicien Marc Pérusse]. Oui, il faut que j’en fasse un. C’est sûr que ce serait de la musique. Mais s’il y avait des chansons, les paroles auraient de l’esprit. Parce que je n’écrirai jamais des chansons tristes ! »

Après déjà 30 ans de carrière en humour, François Pérusse ne se voit pas arrêter prochainement. Mais il se verrait bien faire davantage de collaborations avec d’autres artistes « plutôt qu’être toujours tout seul ». « J’aimerais créer des choses pour la télévision, travailler derrière le rideau. [...] Tant qu’il va y avoir du jus et qu’il va y avoir des gens pour écouter, je vais continuer à faire des choses. C’est certain. »


L’Album du peuple – Tome XI, de François Pérusse, sera en vente dès mardi et jusqu’au 20 décembre exclusivement sur francoisperusse.ca. Il sera ensuite en vente sur les autres sites d’achat.